L’éthique, une notion issue de la pensée dominante.

Dans les écoles supérieures réservées aux enfants bourgeois (puisque mes parents la payent quelques milliers d’euros par an), nous avons des cours d’ « éthique ». A première vue, ça parait vachement bien. Après avoir suivit le cours, on se rend compte que ce n’est peut-être pas si simple que ça…

En éthique, on étudie des concepts important comme les « chartes éthiques ». Ce sont des sortes de listes avec tous les gentils principes humanistes que l’entreprise promet d’observer. Par exemple, on y retrouve le « refus des discriminations ». Pas le féminisme ou les luttes antiracistes, parce qu’on n’est quand même pas là pour militer, mais le « refus » des discriminations, parce que, quand même, « discriminer », avec les guillemets, ce n’est pas gentil. En pratique, ça se traduit par le respect des quotas de femmes (de secrétaires) et de noirs (de personnel de ménage) dans l’entreprise. D’ailleurs, dans notre école qui promeut des principes d’ « égalité », on le voit bien : les directeurs ne sont pas des directrices et bien sur, à l’accueil, il n’y a pas un employé mais que des employées. Est-il besoin de préciser que dans notre promo de 500 élèves, nous sommes tous blancs ? Ah non pardon, il y a bien 1 noire et 2 arabes…

Et puis l’éthique, ce n’est pas seulement pour les entreprises, c’est aussi pour les gens, au quotidien. D’ailleurs les vêtements issus du commerce équitable, c’est devenu vraiment classe. L’année dernière, comme tout le monde, j’ai acheté sur un coup de tête mes baskets sud-américaines pour 60€. C’est vraiment bien : on se sent vraiment mieux après, on a l’impression d’avoir fait une vraie bonne action… En plus on a la classe, et on ne se remet pas une seconde en question sur le fait que si on peut se payer nos pompes à ce prix là, c’est aussi parce qu’on est grave riches, et qu’on pourrait peut-être faire autre chose de nos thunes qu’acheter une énième paire de godasses qui a traversé l’Atlantique en avion à réaction rien que pour nos beaux yeux d’occidentaux.

Au final, il me semble que l’éthique, ses cours, ses concepts, ses grands principes sont toujours assez superficiels pour ne pas nous inquiéter, mais quand même prononcés du bout des lèvres de temps en temps pour montrer au monde que « mais non, on n’est pas méchants, maintenant ferme ta gueule et achète ». Il est intéressant de constater l’omniprésence de ces notions, alors que personne autour de moi n’est vraiment capable de m’en donner une définition claire et précise.

L’éthique, pour moi, c’est ce truc inventé par la pensée dominante parce qu’elle en a marre d’être accusée par les minorités, et qu’elle ne veut plus donner l’impression d’être le grand méchant loup. Mais en réalité, l’éthique c’est un peu comme un courant d’air. Ca nous frôle, on a la chaire de poule pendant 10 secondes, et puis on l’oublie complètement juste après.

D’ailleurs, ces concepts ne sont quasiment jamais portés par les discours des dominés. Les dominés parlent d’organisation des luttes, de systèmes d’oppression, de revendications, de construction d’identités politiques. Pas de « refus des discriminations » ou « d’égalité dans la différence ». L’éthique est la réponse des dominants aux théories de l’oppression économiques des dominés. Les dominants font semblant de les avoir entendus pour qu’ils se rendorment gentiment.

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