Le rôle des occidentaux en Asie du Sud-Est.

A Noël, pour voir le soleil, de nombreux occidentaux passent leurs vacances en Thaïlande ou au Cambodge. Ils y vont pour le climat bien sur, mais aussi pour le coût de la vie et le dépaysement. Ainsi, on voit débarquer tous les ans à Phuket et à Pattaya des hordes de touristes blancs aux poches remplies de dollars qui viennent chercher de l’exotisme pas trop cher.

On retrouve ici la plupart des réflexes que l’on reproche aux personnes riches et blanches, qui sont lié à leurs privilèges dans un système basé sur l’oppression économique, sociale et culturelle principalement en fonction de la classe sociale, du sexe et de la race.

Le plus flagrant est bien sur le décalage économique. Ici, un occidental peut se payer un touk-touk pour 3$ ou un massage pour 2$, et il se plaint encore de l’inflation, alors que le portier à qui il a donné un pourboire de 1$ en se croyant généreux va pouvoir aller déposer ses sous à la fin du mois pour nourrir sa famille qui travaille dans les rizières.

Ce sont les mêmes qui, face à un mendiant amputé sont soit pris de dégoût à la vue de la pauvreté, soit pris de pitié. Ces mêmes mendiants en jouent évidemment, puisque nous connaissons tous ce bon vieux filon qui consiste à faire verser une petite larme à notre financeur pour qu’il nous subventionne un peu plus. Mais ce qui est intéressant dans cet exemple n’est pas l’attitude du pauvre, mais bien celle du riche. Ce riche qui a le privilège de se sentir généreux lorsqu’il donne 1 000 riels, alors qu’en réalité, ce sont bien les sociétés occidentales qui feignent de croire la propagande des gouvernements et refusent d’ouvrir les yeux sur la corruption qui règne partout en continuant à donner toujours plus de fonds aux projets cambodgiens.

Et lorsque les Farang arrivent dans leur hôtel et que trois portiers accourent pour porter leurs valises et tenir la porte avec un grand sourire, ils retiennent simplement que le degré d’inclinaison des courbettes a encore diminué depuis les dernières vacances et qu’il n’y a décidément plus aucun respect pour les blancs.

Au-delà de l’exploitation économique, un autre fait remarquable en Asie est l’exploitation culturelle. Les touristes visitent les temples bouddhistes, réservés au culte depuis des siècles, posent des bâtons d’encens achetés 2$ à l’entrée un peu n’importe où, sans bien comprendre les mécanismes des rituels locaux. A Phnom Penh, il n’y a plus que des restaurants italiens dans les rues touristiques, parce que les occidentaux n’aiment pas la nourriture épicée, et les français se pavanent en visitant les monuments construits pendant le protectorat, et réchappés des Khmers Rouges.

Et pourtant, malgré le mépris dont font preuve la plupart des touristes pour les locaux, c’est bien leur argent qui permet au pays de se développer, en faisant entrer des devises étrangères, et en stimulant le commerce. Si les occidentaux devaient arrêter demain de passer leurs hivers en Asie, c’est toute une économie basée quasi uniquement sur le tourisme, qui s’effondrerait en laissant sans travail tous les employés de l’hôtellerie, de la restauration, des services à la personne, des boutiques de contrefaçons, des usines de contrefaçons, … S’ils décidaient d’arrêter les délocalisations et de réinstaller leurs entreprises en France, c’est une autre partie de l’économie qui tomberait en ruine, celle issue de l’exportation des produits fabriqués localement pour soutenir notre mode de (sur)consommation.

Cruel dilemme : ne pas exploiter les populations sud asiatiques ou soutenir leur économie et leur développement ?

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