Censure et anorexie: Faut-il censurer les sites pro-ana ?

Le projet de Loi de modernisation du système de santé est passé cet été en procédure accélérée. C’était l’occasion pour plusieurs associations et groupes militants de faire entendre leur voix, et notamment pour ceux qui s’opposent à des amendements introduits dans l’article 5 s’apparentant à une forme de censure des sites internet (ou autres moyens de communication d’ailleurs)1 mettant en avant « la valorisation de la minceur excessive » ou « provoquant une personne à rechercher une maigreur excessive en encourageant des restrictions alimentaires prolongées ayant pour effet de l’exposer à un danger de mort ou de compromettre directement sa santé »2.

Des militants se mobilisent régulièrement contre la censure sur Internet, à travers différents projets de Loi, et surtout à travers différents articles spécifiques sans se prononcer sur l’ensemble des projets de Loi concernés. Cause ou conséquence, la rhétorique anti-censure de ces militants est souvent une rhétorique globale, liée au concept de censure dans sa généralité, qui ne s’adapte que rarement aux caractéristiques propres aux pjl dans lesquels s’inscrivent ces articles pro-censure.

Faisons le pari de présenter des arguments spécifiques contre la censure dans le cas précis de sites « valorisant la minceur excessive ».

On verra d’une part, comme l’ont mis en lumière différentes associations et médecins, que la censure de ces sites, et notamment des forums de personnes ayant des pratiques ou comportements anorexiques représente un danger plus grand que leur existence. D’autre part, en se basant sur des analyses féministes des comportements anorexiques, on constatera que cette solution qui ne prend en considération que les sites internet « valorisant la minceur excessive » est inutile, parce qu’elle ne s’attaque pas aux causes principales de l’anorexie, mais seulement à un symptôme. Enfin, on observera que cette censure renforce le contrôle médical et sociétal sur nos corps, nous privant de toute autonomie sur nos choix de modes de vie3.

L’importance des forums et communautés en ligne

Ces sites internet, appelés « pro-ana-mia », sont notamment des forums ou des blogs qui forment des communautés en ligne de personnes ayant des pratiques ou des comportements alimentaires spécifiques autour de l’anorexie et de la boulimie4. Ces communautés se forment autour de différentes pratiques : codes couleurs, systèmes de reconnaissance, conseils, discussions, défis, … Pour les membres de ces communautés, constituées majoritairement d’adolescentes, cela leur permet de trouver du soutien, de pouvoir parler à d’autres personnes qui peuvent comprendre leurs ressentis. Le sentiment d’appartenance à une communauté peut être très important et bénéfique, en particulier à des périodes d’expérimentation et de construction de soi, lors desquelles de nombreuses personnes peuvent faire l’expérience d’une certaine forme de rejet social en fonction de leur apparence, de leurs comportements, pratiques, fréquentations, …

Lorsque les pratiques anorexiques sont organisées dans ces cadres communautaires, ces sites deviennent généralement de bons catalyseurs et des ressources, à la fois pour les personnes concernées et pour les médecins5. Ces sites permettent d’encadrer communautairement ces types de pratiques, les personnes pouvant de prodiguer des conseils ou avis, ce qui éloigne également la menace de pratiques plus dangereuses que seraient des expérimentations isolées, sans regard extérieur.

La présence d’une personne sur ces sites peut également être un bon indicateur de l’état d’esprit de cette personne. En effet, la participation à des activités communautaires, quelles qu’elles soient, est le signe d’un investissement dans une certaine forme de vie sociale, et donc l’éloignement d’un potentiel danger de repli sur soi, particulièrement présent avec l’affaiblissement du corps, voir les séjours en établissements médicaux.

Cet argument de l’importance de l’existence de ces communautés d’auto-support pour les personnes concernées est celui le plus mis en avant par les médecins, généralement psychologues, psychothérapeutes, voire psychiatres s’opposant à cet article de Loi6.

Une vision féministe de l’anorexie

Les causes d’un phénomène social

Quand on observe l’histoire de l’anorexie, on remarque que le diagnostic de celle-ci augmente considérablement à mesure que se développent les normes de genre prédominantes à partir du XIXème. L’anorexie s’inscrit dans un ensemble de normes de genre, de classe et de race qui se construit à cette époque. En effet, c’est à ce moment que la nourriture devient considérée comme vulgaire puis qu’être riche devient synonyme de ne plus avoir de besoins et que le gaspillage devient un signe d’abondance. L’image des femmes rondes et bien en chair, musclées pour pouvoir travailler et aux hanches larges pour pouvoir accoucher plus facilement et remplacée par celles des femmes minces voir maigres, qui ne sont plus « utiles » et deviennent des preuves du statut social du mari qui peut se permettre de les entretenir7.

Cette imagerie persiste aujourd’hui, et c’est avec ces représentations que grandissent les enfants et adolescents assignés filles. Et c’est en se conformant au plus près à cette à norme, voir en la dépassant, comme on le verra après, que les filles sont amenées vers les comportements anorexiques.

Les sites promouvant « la valorisation de la minceur excessive », s’ils peuvent parfois être interprétés comme une cause des comportements anorexiques, ne sont donc en réalité que l’un des nombreux symptômes d’une culture misogyne qui objectifie les femmes8.

Or, l’efficacité d’un certain acte de discours est lié à sa répétition. En effet, ce n’est pas la présence d’un discours sur l’anorexie qui fait que des personnes adopteraient magiquement, instantanément certains modes d’alimentation, mais bien la répétition des injonctions normatives à la minceur ou à la maigreur, les modèles féminins des publicités ou des films, les jugements discriminants sur les personnes ne répondant à ces normes comme perspective de punition, …

Dans Le Pouvoir des Mots, J. Butler montre comment l’interpellation participe à la constitution d’un sujet à travers sa réitération:9

Imaginons une scène, qui n’a rien d’improbable, où l’on est appelé par un nom et où l’on se retourne pour le refuser: « Ce n’est pas moi, vous vous trompez ! » Imaginons ensuite que le nom ne cesse de s’imposer à vous, de limiter l’espace que vous occupez, de construire un positionnement social. Indifférente à vos protestations, la force d’interpellation continue son œuvre.

Or, censurer un certain type de médias sur un certain type de discours permet surtout d’évacuer l’analyse du discours global d’injonction à des normes de genre porté par l’ensemble de la société sur les filles. En faisant porter la responsabilité de la mise en danger de ces personnes, sur le site internet ou son créateur, à travers son discours sur les comportements alimentaires, on masque tout le système sur lequel cela s’appuie, on fait comme ce discours sortait de nulle par et était efficace tout seul.

On peut dire que, la censure d’éléments isolés d’une oppression globale systémique masque ce système, en réduisant les causes complexes d’un phénomène à des analyses locales. Cette réduction fonctionne à deux niveaux:

Il s’agit d’une part de la réduction à un certain type d’actes, en l’occurrence, le discours sur la « valorisation de la minceur excessive », qui exclus l’analyse d’autres actes qui participent à cette oppression. Par exemple, on pourrait envisager d’analyser l’impact des différentes normes, de corpulence, mais aussi de prise d’espace ou d’initiative, de carrière, de modèles familiaux et de maternité, … sur la construction des personnes assignées filles.

C’est aussi d’autre part une réduction à des acteurs singuliers, en l’occurrence, les sites internet et leurs créateurs. Or, faire porter la responsabilité d’un discours au seul locuteur, c’est ignorer les constructions linguistiques sur lesquelles s’appuie ce locuteur et qui rendent ce discours efficace10. C’est le plus sûr moyen de ne pas se poser la question de notre propre responsabilité, en tant qu’individus comme en tant que société, sur ces injonctions répétées et systématiques.

Un outil de résistance aux normes de genre

Il y a donc de nombreuses injonctions qui portent sur les jeunes filles, en particulier à l’adolescence, au moment de leur construction d’elles-même. Face à ces normes, différentes formes de réactions s’offrent à elles: adhésion, rejet global ou partiel, ou encore, comme peut l’être l’anorexie, dépassement.

En effet, plusieurs analyses de l’anorexie présentent celle-ci comme non pas une adhésion à la norme, mais un dépassement, dans le sens où puisque l’opposition à cette norme est empêchée, ou au moins entravée, par le système/la société, se conformer à cette norme, encore plus que ce qui était « demandé », permet de s’éloigner de l’injonction normative, mais d’une manière vue comme moins oppositionnelle, et donc s’exposant d’autant moins à la levée de boucliers qui peut se produire face à toutes les réactions d’opposition à la norme, notamment à l’encontre des « grosses » (gloutonnes, faibles, paresseuses,…), des gouines (masculines, narcissiques, bloquées au mauvais stade de l’œdipe,…), de celles qui n’ont pas d’enfants (carriéristes, égoïstes, frigides, encore trop jeunes pour comprendre…),…

La minceur encouragée chez les femmes en général et les jeunes filles en particulier fait écho à un idéal de faiblesse, d’impuissance et de dépendance de la féminité, à l’opposé d’un idéal masculin musclé, et donc fort, puissant et indépendant. Or, en performant cet idéal de minceur qui lui est imposé, à force de régime, de sport, ou de tout autre moyen d’attention à son corps, la personne anorexique fait l’expérience non pas de son impuissance, mais bien celle du pouvoir qu’elle est capable d’exercer sur son propre corps. En décidant et en agissant sur son corps vers une certaine forme d’idéal, cette personne reprend le contrôle sur son corps, son apparence et le regard des autres, et surtout, elle prend conscience de son propre pouvoir sur elle-même.

En se réappropriant les vertus traditionnellement « masculines » du contrôle et de la maitrise de soi, les personnes anorexiques identifiées « féminines » s’ouvre une voie vers la transgression de ces injonctions de genre. En refusant de correspondre strictement à ces injonctions, les anorexiques entrent dans un mouvement de protestation. Susan Bordo11 écrit ainsi :

On ne s’étonnera pas, alors, qu’un motif régulier de la littérature féministe sur les troubles des femmes est relatif à la pathologie comme protestation incarnée – inconsciente, naissante, et contre-productive sans un langage, une voix, ou une politique efficaces – mais protestation tout de même.

Ce point de vue permet d’examiner les comportements anorexiques comme des outils de résistance à ces normes, utilisés par des personnes qui se réapproprient leurs corps et les choix qui s’y rapportent. Malgré les ambigüités que présente ce comportement – une protestation qui reprend et s’enferme dans les propres injonctions de son oppression – ces personnes deviennent ainsi décisionnaires sur des questions d’apparence et d’alimentation, et reprennent le contrôle, en le confisquant à ceux qui en disposaient jusque là.

Cette confiscation est ainsi marquée par la désapprobation et l’inquiétude des parents, des corps professoraux et médicaux, et même, en l’occurrence, des législateurs.

Le renforcement du contrôle par la censure

Psychopathologisation et pouvoir médical

Les filles ne sont pas censées résister aux normes qui leur sont imposées. Différentes réactions apparaissent donc dans la société pour faire face à ces a-normalités. La première réaction et la plus importante face à l’anorexie est celle du pouvoir médical.

Depuis son développement au XVIème siècle, la médecine moderne a entrepris de retirer petit à petit le contrôle des individus sur eux-mêmes, en particulier aux femmes, comme le montrent les chasses aux sorcières de la fin du moyen-âge et de la renaissance. Les sorcières étaient emblématiques d’une certaine forme de savoir et d’expérimentations tournés vers les soins et le bien-être. Les savoirs empiriques des sorcières, acquis à travers la transmission et l’expérience, sont confisqués petit à petit par la médecine et l’église, qui deviennent ainsi les figures autoritaires d’un savoir théorique basé bien souvent sur des croyances et des présupposés12.

Les normes de genre, au fur et à mesure de leur développement, s’immiscent ainsi dans les pratiques médicales, en particulier à travers les disciplines liées aux psychopathologies. Sont ainsi considérées comme relevant de la psychiatrie tous les comportements déviants et dérangeants pour les concepts théoriques de l’époque. Ce sera le cas en particulier de l’hystérie, catégorie psychiatrique dans laquelle sont classées toutes les femmes qui ne correspondent pas aux attentes de leur classe sociale: frigides, ayant une libido plus importante que celle de leur mari, dépressives, trop bavardes,…

Avec l’évolution de la médecine et de ses catégories, comme avec le déplacement des normes de genre, lié aux luttes féministes comme réactionnaires, d’autres pathologies se développent, et notamment les troubles du comportement alimentaire: anorexie, boulimie, boulimie-anorexie,… Ces comportements qui sortent de la norme relèvent donc forcément aux yeux de la médecine d’une pathologie psychiatrique à classer, encadrer et soigner.

En définissant le concept d’anorexie et de personne anorexique, le pouvoir médical fabrique donc une nouvelle petite case où ranger les gens. L’emploi ce type de catégories médicales permet également de masquer toute la diversité des comportements anorexiques: jeûnes courts ou prolongés, liés à des évènements ponctuels ou à des états dépressifs continus, privations conscientes liées à une envie de maigrir ou absence d’appétit, …

Bref, en refusant de prendre en compte la diversité des comportements et des savoirs individuels qu’ils apportent, et en considérant toutes les personnes comme une population homogène de malades, on arrive à une classification systématique des individus comme normaux ou a-normaux, et surtout à une catégorisation des a-normaux à laquelle correspond des catégories de traitements de normalisation. Surtout, on prive ces personnes d’une reconnaissance en tant que sujet individuel et autonome, en dehors de la norme. La « normalisation » est donc la seule manière de retrouver un statut de sujet.

Infantilisation et refus d’une expertise des concernés

Cette censure s’inscrit donc dans un renforcement du contrôle médical, et va encore plus loin en facilitant une perte d’autonomie des individus face à leurs corps, en leur retirant même la possibilité de partager leurs expériences (via les sites internet dont on parlait plus haut).

En effet, ce pouvoir médical semble savoir toujours mieux que nous-mêmes ce qui est bon pour nous. À aucun moment, il n’est envisagé que les personnes ayant des comportements anorexiques puissent avoir accès à un savoir qui leur est propre : connaissance de leur corps et de ses réactions à la nourriture, évolution du ressenti de sa propre corporalité en fonction de son poids, sentiment d’euphorie créé par les hormones libérées lors d’un jeûne, ou encore par le sentiment de maîtrise de  soi prodigué par l’accomplissement d’un objectif, comme une perte de poids.

Or les personnes ayant des comportements anorexiques construisent de réelles expertises sur leurs corps et leurs vécus. Alors que l’on pourrait penser que l’anorexie est une maladie de personnes soumises aux normes corporelles, aliénées par une société oppressive et incapables de se rendre compte des injonctions qu’elles subissent, il ressort à la lecture de quelques blogs pro-ana parmi les plus populaires, que les personnes qui y écrivent ont une conscience aigüe de ce qui les amène à se définir comme telles, se fixent des objectifs, ont recours à toute une rhétorique sur l’apparence, l’hygiène et « l’adoration » de leurs propres corps.

Cette réappropriation par les personnes éduquées filles/femmes du discours sur leur corps et de leur façonnement corporel, est un exemple classique des stratégies de réappropriation théorisées par les féministes (« mon corps m’appartient »). Que ces personnes se déclarent ou non féministes, elles ont développé une communauté instinctivement basée sur des stratégies féministes de réappropriation, d’empowerment et d’auto-support.

Mais les anorexiques sont privées de tout pouvoir de décision non-seulement pour leurs comportements alimentaires, mais aussi parce que ce souvent des femmes, souvent jeunes, parfois ayant ces comportements dans le cadre de dépressions ou de mal-être, …13 Cette infantilisation à de multiples niveaux permet de ne pas avoir à les écouter, et permet de nier leur propre expertise. On parle ainsi souvent, pour défendre par exemple des projets de censure, de protection des mineurs, des esprits grandement influençables des jeunes filles, …

Cette privation de la parole et de l’expertise sur soi-même par le corps médical est déjà dénoncé dans d’autres communautés psychiatrisés, comme parmi les militants trans14. Mais le présupposé de l’anorexie comme déviance ponctuelle, soignable, empêche les personnes concernées d’en tirer une part de leur identité. Il ne s’agit « que » d’une passade, pas d’un élément constitutif de leur individualité.

Cette proposition de censure et, plus largement, la dynamique de contrôle à laquelle elle participe, permet donc de ré-inscrire ces comportements à l’intérieur des normes médicales et sociales. Ainsi que l’on soit « normal » ou « a-normal », on est toujours défini par rapport à la norme. Les comportements « a-normaux » sont des comportements déviant, toujours déjà par rapport à une norme.

C’est donc ces normes, sociales, comportementales, genrées, que cherchent à préserver ceux qui sont en position de modeler notre société. Les parlementaires bien pensants, qui ont une idée de ce que la société devrait être et de ce que nous ne devrions pas être, contribuent, avec les médecins mais aussi avec toutes les personnes qui ont une opinion sur nos corps, comportements ou identités (famille, proches, collègues, …) à nous classifier, nous contrôler et nous discipliner, pour mieux contrôler à une échelle globale, l’ensemble de la population15.


1.
Notons que cette proposition vise avant tout les sites internet, comme indiqué dans la présentation des amendements nos 1766 et 1052 devant l’Assemblée Nationale. http://www.assemblee-nationale.fr/14/cri/2014-2015/20150197.asp#P494812

« Cet amendement vise donc à les combattre en réprimant l’incitation à la maigreur excessive. Sont notamment visés les fameux sites dits « pro-ana » qui peuvent entraîner des personnes, et en particulier des jeunes filles, dans le cercle vicieux de l’anorexie sans être inquiétés par l’autorité publique. »

Mme Fanélie Carrey-Conte.

« Certaines personnes, à travers différents moyens comme des sites Internet, des blogs, des magazines, incitent des personnes à se priver de nourriture pour maigrir de manière excessive, voire font ouvertement l’apologie de l’anorexie. »

Mme Valérie Boyer.

2.
http://www.assemblee-nationale.fr/14/ta/ta0505.asp

Ces amendements ont été refusés lors des débats parlementaires sur le pjl Santé. Notons que des amendements similaires sont déposés quasi-systématiquement dans la plupart des projets de loi autour de la santé, de l’internet ou de la protection des mineurs.

3.
Note sur le genre. L’anorexie regroupe des comportements qui se retrouve à la fois chez des personnes féminines et des personnes masculines. Néanmoins, l’objet de ma réflexion ici concerne notamment l’articulation des pratiques anorexiques en écho aux injonctions autour de la construction sociale des personnes éduquées et/ou identifiées par leurs pairs comme filles ou femmes.

Note sur la race. Les discours sur les constructions de genre varient en fonction des stéréotypes raciaux dans les cadres desquels ils s’appliquent. Dans cet article, les arguments cités le sont sans précisions de stéréotype raciaux, mais s’applique généralement à des systèmes genrés liés aux socialisations blanches. Je ne connais pas d’analyse spécifique à ces pratiques croisant les oppressions raciales. Si c’est votre cas, n’hésitez pas à contribuer dans les commentaires.

Dédicace. Merci à Heavy Mental d’avoir relevé ce sujet. N’hésitez pas aller lire son blog, c’est hyper intéressant.

4.
À ce sujet, voir l’article « Ana, mia et les autres » du blog Pixel du Monde, qui cite plusieurs rapports et recommandations. http://www.lemonde.fr/pixels/article/2014/11/03/ana-mia-et-les-autres-bienvenue-dans-l-enfer-des-troubles-du-comportement-alimentaire_4514640_4408996.html

5.
Casilli A.A., Mounier L., Pailler F. & P. Tubaro (2013). Les jeunes et le web des troubles alimentaires : dépasser la notion de ‘pro-ana’. Rapport du projet de recherche ANR ANAMIA., http://www.anamia.fr/WordPress-FR/wp-content/uploads/2013/11/Rapport_ANAMIA_2013_Web_et_troubles_alimentaires.pdf

6.
Ce point de vue ayant été développé ailleurs, je m’arrête là sur ce sujet. Pour des arguments plus détaillés, je vous recommande vivement la lecture du Rapport Anamia cité dans la note précédente.

7.
Lilith, Martine et les autres, Un regard féministe sur l‘anorexie, radio Canut (2013).
http://blogs.radiocanut.org/lilithmartineetlesautres/2013/04/19/un-regard-feministe-sur-lanorexie/

8.
Susan Brownmiller définit notamment la féminité comme une « tradition de limitations imposées ». Susan Brownmiller, Femininity (1984)

9.
Judith Butler, Le Pouvoir des Mots (2004).

10.

« L’effort juridique pour brider le discours injurieux tend à isoler le « locuteur » comme agent coupable, comme s’il était à l’origine du discours. La responsabilité du locuteur est ainsi comprise de façon erronée. (…) Le locuteur renouvelle les valeurs linguistiques [linguistic tokens] d’une communauté en réémettant et en ranimant le discours. La responsabilité est donc liée au discours, non en tant qu’origine, mais en tant que répétition. »

J. Butler, Le Pouvoir des Mots

11.
Susan Bordo, Unbearable Weight Feminism, Western Culture and the Body (1993).
Voir la traduction du chapitre 5: http://www.heavymental.fr/wp-content/uploads/2015/04/Traduction-Bordo1.pdf

12.
B. Ehrenreich et D. English, Sorcières, sages-femmes et infirmières (1973).

S. Federici, Caliban et la sorcière. Femmes, corps et accumulation primitive (2014).

13.
Sur le « retour de baton » contre les femmes qui essayent, consciemment ou non, de s’émanciper, voir Susan Faludi, Backlash (1991).

14.
Tom Reucher, Quand les trans deviennent experts, Multitudes 2005/1 (n ̊20)
http://www.cairn.info/revue-multitudes-2005-1-page-159.htm

15.
Michel Foucault, Surveiller et punir (1975).

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