Identités en questions

Ces derniers temps, j’ai vu passer pas mal de choses autour des définitions des identités non-binaires et des orientations asexuelles et aromantiques. Dont pas mal de choses assez problématiques.

Je pense que la pensée politique se développe par l’analyse et la critique. Réfléchir aux questions d’identités, d’oppressions, d’orientations, … c’est un cycle de questionnements, de solutions, de critiques, de re-questionnements, d’adaptation de la solution, … Et c’est hyper important que nous gardions entre nous la possibilité de débattre, de se questionner, de critiquer et d’entendre les critiques, … Mais pour ça, d’une part les critiques doivent être constructives (c’est à dire qu’elles doivent faire avancer la réflexion) et argumentées (parce que si tu es seul à comprendre ta critique, on va pas avancer tous ensemble) ; et d’autre part on doit être prêt à se remettre en question, et considérer qu’une critique peut être une invitation à la discussion et pas nécessairement une négation invisibilisante d’un ressenti minoritaire.

Ce disclaimer étant posé, je propose de faire une liste de trucs plus ou moins problématiques que j’ai vu passer. C’est encore assez frais dans ma tête, donc ce n’est pas forcément hyper construit, et je suis super intéressé par vos commentaires (en bas de l’article si vous voulez commenter ici, sinon mes DMs twitter sont ouverts si vous souhaitez discuter en privé).

Pour la suite, je vais m’appuyer notamment sur les définitions trouvées dans deux articles sur les identités de genres et sexuelles/romantiques.

Le premier est un article paru sur La Colonie du Web lors de la semaine de l’asexualité. On y compte 46 définitions d’orientations sexuelles en lien avec l’asexualité.

Le deuxième est une page Tumblr (en anglais) où sont répertoriées 22 définitions d’identités de genre, 22 définitions d’orientations sexuelles, 20 définitions d’orientations romantiques, 3 définitions de sexe (Male, Female, Intersex), 43 « autres termes », et un lien vers une autre page de définitions complémentaires.

Petit aparté sur la différence entre sexe et genre.

Considérer qu’il peut y avoir plusieurs genres, mais seulement 3 sexes (mâle/femelle/intersexe, qui, soyons honnêtes, ressemblent plus à mâle/femelle/autres qu’à une réelle prise en compte des réalités des personnes intersexes), c’est reproduire l’opposition nature/culture. C’est-à-dire que le genre serait un produit culturel, quelque chose qui est construit culturellement et socialement ; et que le sexe serait une donnée naturelle, quelque chose de non questionnable, d’invariable. Or, on ne peut pas dire que les catégories de sexes sont des catégories naturelles.

[…]Il n’existe pas d’état de nature qui puisse être saisi en dehors du social. […] « La « réalité biologique » n’a de sens qu’interprétée dan le système de représentations propre à chaque société » ce qui est une autre manière de dire que le genre précède le sexe ou que le genre est un point de vue sur le sexe.

Le blog de Crèpe Georgette

Par exemple, Anne Fausto-Sterling a développé l’idée de« continuum sexuel », qui montre que nous avons choisi de faire passer la séparation mâle/femelle pour « naturelle » alors que ce n’est en réalité pas aussi clair. Petit extrait d’une interview :

Quand on parle de différences sexuées du comportement, des compétences ou des caractères sexuels secondaires, le concept de continuum est plus pertinent. La taille des seins et le timbre de voix sont de bons exemples. Parmi les femmes comme parmi les hommes, la taille des seins varie énormément et il y a sans doute un chevauchement entre ces traits. Il est de même concernant le timbre de voix plutôt grave ou plutôt aigu. De plus, les femmes et les hommes entraînent leur propre voix vers le grave ou l’aigu pour atteindre une gamme qui semble socialement acceptable.

https://gss.revues.org/3290

Cette question de l’entrainement, même inconscient, de nos propres voix, nous amène à parler de biopolitique. D’après Wikipédia, la « biopolitique est un néologisme formé par Michel Foucault pour identifier une forme d’exercice du pouvoir qui s’exerce sur la vie : la vie des corps et celle de la population. »1

Ce biopouvoir, implique d’exercer, notamment sur les corps, un contrôle à la fois invisible, continu et systématisé. Ce contrôle s’applique à chaque partie du corps, à chaque action, à chaque comportement. Il a pour objectif d’ancrer corporellement les « bonnes » habitudes, comme des réflexes. Foucault prend notamment pour exemples les manœuvres de l’armée, qui apprennent à se tenir droit, et à marcher en cadence. Surtout, ce biopouvoir est presque invisible. On l’identifie bien sûr dans les ordres d’un général ou les consignes d’un professeur, mais sa persistance est invisible. Il est tellement partout et ancré dans chacun de nos gestes et reproduit dans chacun de nos gestes, qu’on ne le remarque plus.

Ce biopouvoir s’exerce également à travers des outils de micro-contrôle, qui passent comme « naturels ». Pour prendre un exemple, on peut dire que nos corps produisent « naturellement » des hormones qui impactent notre apparence, et cette apparence est donc « naturelle ». En réalité, de nombreuses personnes prennent la pilule contraceptive, une hormone micro-dosée qui modifie la fertilité, et a des effets secondaires comme la réduction de l’acné, le développement de la poitrine, la prise de poids, … de nombreuses personnes prennent également des suppléments pour faire du sport et développer leurs muscles, à base de testostérone micro-dosée…

Ces prises d’hormones artificielles sont considérées comme « naturelles » tant que les pilules à base d’oestrogènes sont consommées par des personnes nées avec un vagin et que les suppléments à base de testostérone sont consommés par des personnes nées avec un pénis. Et si on donnait des micro doses de testotéronne à des personnes nées avec un vagin ? Pour Paul B. Preciado, cet exercice permettrait de remettre en question la « naturalité » de la binarité du sexe2.

Mots, définitions, évolutions.

Les mots que nous employons pour nous désigner sont importants et surtout complexes. Ils n’ont pas juste une définition, ils ont aussi une histoire. Certains de ces mots ont des définitions floues ou qui évoluent, parce que leurs histoires sont toujours en train de s’écrire.

C’est le cas du mot « queer », qui a déjà un historique mais qui continue d’évoluer (j’avais écrit, il y a un certain temps, sur ce que signifie « queer » ici). C’est aussi le cas d’autres mots et d’autres réalités définies par ces mots. Par exemple, dans un des articles sus-cités, on lit la définition suivante :

Placiosexuel·le – Une personne qui désire réaliser des actes sexuels sur les autres mais ne désire pas en recevoir soi-même.

Je ne sais pas d’où vient ce mot, ni quelle est son histoire (mais si toi tu la connais, n’hésite pas à laisser un commentaire). En français sur Google, il y a moins d’une page de résultats, dont cet article de définitions, une page twitter et des gamergateux pas gentils. En anglais sur Google, les premiers résultats sont des pages de définitions, des Tumblr et des forums asexuels. En filtrant pour n’obtenir que les résultats de plus de 2 ans, la liste des résultats fait… 1 page, dont 4 résultats sur Tumblr. Aucun résultat pour ces termes n’apparaissent ni sur Google Scholar, ni sur Google Books.

Quand j’ai débarqué dans les communautés lgbt, il y avait pourtant des personnes et/ou des pratiques qui s’apparentaient à cette définition. On les appelaient des personnes Stone. C’est un terme popularisé et généralisé à partir du livre Stone Butch Blues de Leslie Feinberg. Il existe une page Wikipedia à ce sujet. Bien sûr, il n’est pas nécessaire d’être Butch pour être Stone, mais c’était la configuration la plus courante. En particulier, ce terme s’appliquait aussi bien aux lesbiennes butch qu’aux garçons trans généralement en début de transition. Cet état de « Stone Butch » s’applique effectivement très souvent à des personnes qui peuvent souhaiter ne pas se déshabiller, ou seulement partiellement, pour des questions de dysphorie avec leurs corps. De plus, Leslie Feinberg décrit dans ce livre sa propre histoire de lesbienne Stone Butch, qui fait partie également de son parcours vers sa transition entamée plus tard. L’identité de « Stone Butch », ou juste « Stone » a une histoire, une culture symbolisée par des éléments de reconnaissance (comme dans le hanky code), elle se trouve à côté d’autres figures de la culture lesbienne masculine comme le daddy, la top ou le tomboy, elle s’inscrit dans les mouvements lesbiens d’émancipation et de visibilité, dans une contestation de l’injonction à la sexualité hétérosexuelle, et dans une remise en question de la féminité et des injonctions faites aux femmes sur leurs sexualités.

Quelque chose d’hyper important aussi sur ce vocabulaire est de savoir qui l’a façonné. Des mots comme « mâle », « femelle », « transsexualisme », « hypertrophie du clitoris » ont été créés, définis et utilisés par des experts scientifiques ou médicaux. Par des personnes qui souhaitaient classifier les populations, définir les normes, et définir l’a-normalité. Je ne connais personne qui utilise le terme de « transsexualisme » pour parler de son identité ou de son parcours de vie. Par contre nous avons inventé, défini et utilisé des mots qui nous représentent, comme « fem », « transidentités », « genderqueer » ou « dicklit ».

Il existe également des termes qui n’ont pas été inventés par nous, mais que nous nous sommes réappropriés : queer, pédé, gouine, folle, … et parfois, femme, homme, ou des mots pour désigner nos corps, qu’ils soient issus de la réappropriation ou de l’incorporation. Ces réappropriations sont politiques, et nous choisissons les mots et les comportements que nous souhaitons nous réapproprier après de longues réflexions.

Vous avez dit réappropriation ?

Et donc la réappropriation, c’est quoi ?

C’est entendre l’insulte « pédé » et se rendre compte qu’elle nous correspond, que ce n’est pas une insulte, c’est notre identité. Et que cette identité englobe à la fois notre homosexualité, mais aussi toute l’animosité et les oppressions qu’elle peut engendrer.

C’est s’entendre qualifier de « femme » et se rendre compte qu’on ne peut être qu’en désaccord avec ce qu’implique être femme, c’est à dire être une femme cisgenre, féminine, hétérosexuelle, mère de famille au foyer, qui aime le shopping et pas les mathématiques. Et donc si cette identité de femme, telle que je viens de la définir, ne peut correspondre à personne (parce que en vrai, personne n’est exactement comme Barbie), alors c’est que cette définition est fausse.

Les féministes matérialistes ont réfléchi à cette question de « qu’est-ce qu’une femme ? », en la sortant de ses présupposés biologiques essentialistes. Pour les Radical Lesbians de New York en 19703, « être une femme, c’est se faire baiser par des hommes », et elles se définissent donc comme lesbiennes. C’est également la conclusion de Monique Wittig, qui dans les années 90s estime que les femmes sont définies par opposition aux hommes dans le patriarcat. Or, les lesbiennes s’extraient du patriarcat en refusant d’avoir des relations sexuelles avec des hommes, d’effectuer un travail domestique à leur service, ou encore de porter leur progéniture. Donc, « les lesbiennes ne sont pas des femmes »4.

Mais le patriarcat ne s’exprime pas uniquement dans les relations intimes et/ou sexuelles entre hommes et femmes cisgenres. Une lesbienne reste confrontée au patriarcat, à travers l’éducation qu’elle a reçue, les injonctions qui lui sont faites, le salaire qu’elle reçoit et le travail qu’elle effectue, … Une lesbienne subit donc le sexisme. Si on estime que la différence entre les hommes et les femmes est constituée par le sexisme, alors une personne qui subit ce sexisme est-elle par conséquent une femme ? Et surtout, si l’on veut se constituer une position de sujet concerné par le sexisme pour lutter contre le patriarcat, doit-on pour cela constituer une classe politique de « femme »5 ? Auquel cas, la catégorie de « femme » devient une identité de lutte, qui, en théorie, s’abolit lorsque le patriarcat sera vaincu.

Le débat n’est pas tranché. Je connais des personnes afab et cisgenres, ou amab et trans, qui s’identifient comme « lesbiennes » et non pas comme « femmes », dans la lignée des théories de Wittig. Je connais également des personnes qui s’identifient comme « femmes », parce qu’elles refusent de laisser cette identité être définie par l’hétéropatriarcat, et qu’elles considèrent qu’elles n’ont pas à s’adapter au vocabulaire ou à en changer, mais que le vocabulaire doit s’adapter à elles. Elles resignifient ce qu’est « être femme » et donc se réapproprient ce terme.

Du coup, quand je vois des identités de genre qui ont pour définition de « ne pas être tout à fait dans la norme comme Barbie et Ken », je me pose la question de leur pertinence.

Demigirl – A person who identifies slightly or partially as female or with feminine identities.

Demiboy – A person who identifies slightly or partially as male or with male identities.

Est-ce qu’on a complètement abandonné de re-signifier la catégorie de « femme » pour qu’elle nous corresponde ? Et dans ce cas, admet-on qu’il n’existe qu’une seule manière, fortement stéréotypée et féminine, d’être « femme » ?
Pourrait-il être pertinent d’inclure ces ressentis dans des formes de féminités et de masculinités complexes (parce que je ne crois pas aux identités simples de toute façon) ? Ou leur inclusion au sein du « spectre non-binaire » implique-t-il au contraire de les penser en dehors de toute relation à une certaine forme de féminité/masculinité ?
Quelles sont les positions de ces identités dans une analyse matérialiste du patriarcat ? Les Demigirls sont-elles seulement à moitié opprimées ? Les Demiboys ont-ils moitié moins de privilèges masculins ? Les Demigirls accèdent-elles à des privilèges masculins ou ont elles au contraire encore moins de reconnaissance que les femmes ?

Ces questions ont l’air bête comme ça. Mais en fait pas tant. On s’est déjà demandé par exemple si des hommes cisgenres homosexuels et efféminés bénéficiaient ou non d’un privilège masculin sur les femmes. On s’est demandé si les lesbiennes butch cisgenres renversaient les normes et bénéficiaient d’une reconnaissance, sinon égale à celle des hommes, du moins meilleure que celle des femmes féminines. On s’est demandé si dans les couples butch/fem il pouvait y avoir une re-création d’un système hétérosexuel dans lequel la butch serait dans une position dominante par rapport à la fem ; question pertinente s’il en est, quand on analyse les relations de pouvoir présentes dans un couple, et les possibilités de violences conjugales qu’elles engendrent.

Le patriarcat n’aura pas mon orientation sexuelle.

Puisqu’on parle de patriarcat et d’injonction à la sexualité pour les personnes éduquées ou identifiées comme femmes, cela m’amène à une autre définition que j’ai croisée:

Quoisexuel·le ou WTFsexuel·le – Une personne qui a des difficultés à distinguer l’attirance sexuelle des autres formes d’attirances (platonique, romantique, sensuelle, etc)

L’injonction à l’hétérosexualité englobe plusieurs choses. En particulier, une sexualité hétérosexuelle définie par le coït, des formes de relations basées sur la monogamie et la création d’une famille, mais aussi la classification de certains gestes et comportements comme relevant de l’intime, et d’autres pas (baisers, caresses, câlins, baise, …). En gros, on nous apprend qu’il existe un package tout compris et bien ordonné comme suit : on rencontre la personne de sa vie, on s’offre des fleurs, on se touche la main, on s’embrasse, on se marie (facultatif, mais préférable), on fait un coït, on a des enfants. Tout ça dans une sorte de continuum qui s’enchaîne de telle sorte que s’il y a échange de fleurs, il y a sûrement coït après. On peut faire des tests et des erreurs, mais pas trop, sinon tu es une allumeuse, un dragueur, une salope, un queutard, …

Avec ce genre d’éducation, il n’est pas étonnant qu’on ait individuellement du mal à distinguer différents types d’attirances, puisqu’on nous a dit que tout allait ensemble. Par exemple, je ne suis pas sûr moi-même de pouvoir donner la définition et les particularités d’une attirance sensuelle. Par contre, je sais de quoi j’ai envie et avec qui. Le plus souvent. Et encore, c’est récent. Parce que déconstruire tout ce qu’on s’est mis dans la tête depuis qu’on est gamins, ça prend du temps. Être conditionné à ce type de package, ce n’est pas une orientation sexuelle, c’est une conséquence de l’hétéropatriarcat. Ce n’est pas bon ou mauvais, nous sommes construits par nos apprentissages et nos expériences, et ils définissent qui nous sommes. Ce n’est juste pas une orientation sexuelle.

On peut analyser de la même manière cette autre définition:

Apressexuel·le– Une personne qui ne ressent de l’attirance sexuelle qu’une fois qu’une autre forme d’attirance (romantique, platonique, sensuelle…) a été ressentie. L’attirance originale peut ou peut ne pas s’effacer/être remplacée par la nouvelle attirance.

Nous devons tous, et surtout les personnes vues comme femmes, nous confronter à des attentes sur ce qui entoure notre sexualité. Si tu fais du sexe sans attachement, au pire tu es une salope, une pute, au mieux un queutard. Si tu ne fais jamais du sexe sans avoir une relation avec quelqu’un, tu es prude, puceau, … Et en fait, il n’y a pas de milieu. Tu es forcément trop quelque chose ou pas assez autre chose. La violence de ces injonctions, et leur rhétorique qui consiste à faire penser qu’il existe un juste milieu, fait qu’on a une pression énorme pour s’efforcer au maximum d’être dans la norme, c’est à dire de se rapprocher du milieu qui n’existe pas. C’est hyper efficace comme méthode de contrôle de la sexualité.

Déconstruire les injonctions sexuelles, se réapproprier sa sexualité, son désir, ses interactions, c’est une démarche féministe. Et une grande partie de cette démarche consiste à crier que on baise avec qui on veut, quand on veut. Le corollaire, c’est de dire que toute rhétorique qui consisterait à expliquer qu’il existe un endroit un peu éloigné du « juste milieu de la norme », et donc qu’il existe un juste milieu entre prude et salope, est fallacieuse. Pire que ça, cette rhétorique est oppressive parce qu’elle contribue à définir la « bonne sexualité » pour les femmes (et les autres dans une moindre mesure).

D’autre part, les femmes ne devraient pas être obligées de faire des plans culs parce que les mecs sont déresponsabilisés face aux conséquences émotionnelles d’une relation quelle qu’elle soit. Les femmes qui veulent faire des plans culs, ne devraient pas être montrées du doigt pour « leurs sexualités débridées ». Il existe plein de textes sur comment poser des bases saines à une relation, qu’elle soit de court terme ou de plus long terme6. Arrêtons d’opposer plans culs et relations, cela ne fait que renforcer les injonctions sexuelles.

De la même manière, cessons de compter le nombre de partenaires ou d’attirances de chacun…

Gray-asexuel·le – Une personne qui est quelque part entre l’asexualité et l’allosexualité. Peut avoir beaucoup de significations différentes.

Hypersexuel·le – Une personne qui ressent énormément d’attirances sexuelles.

Hyposexuel·le – Une personne qui ressent très peu d’attirances sexuelles.

Existe-t-il vraiment un nombre « moyen » ou « normal » d’attirances ou de partenaires ? Il se trouve comment ? Il faut aller faire le test de pureté Griffor pour savoir ?

Un peu de trigger warning

(juste pour ce paragraphe)

On passe à d’autres définitions ? Un peu plus trigger celles-là :

Caedsexuel·le/Kalossexuel·le – Une personne qui avait des attirances sexuelles avant mais plus maintenant à cause d’un traumatisme.

Acosexuel·le – Une personne dont les mauvaises expériences avec le sexe l’ont écartée de son allosexualité (voir définition de allosexuel·le plus bas).

Nous vivons dans une société plongée dans la culture du viol. Une femme sur… 5 ? 10 ? passe par un viol ou une agression sexuelle. Le traumatisme, le PTSD, est inhérent à la vie des femmes. Parce que les petites filles sont éduquées à en avoir peur ; parce que les personnes identifiées comme femmes s’en souviennent chaque fois qu’elles sortent de chez elles ; parce que nous sommes passés par là ou que nous avons soutenu nos amis qui sont passés par là. Certains hommes passent par là aussi. Et à ces hommes, on refuse le statut de victime, sous peine de voir être remise en question leur masculinité, leur sexualité, leur identité de genre, …

Bien sûr, toutes les personnes traumatisées ne sont pas asexuelles. Mais toutes ces personnes ont vu dans leur sexualité et/ou dans leurs relations des conséquences de ce traumatisme. Ces conséquences ne sont pas des orientations sexuelles. Ce sont des réalités politiques inhérentes au statut de « femme » (femmes cis, femmes trans, personnes ayant vécu une partie de leur vie comme filles ou femmes). Les traumas ont des conséquences sur la sexualité, mais pas que. Il y a des débats hyper intéressants sur le statut de « survivante », de comment il diffère du statut de « victime »7, de comment il peut être lié ou non à un syndrome de stress post-traumatique (PTSD), de quels en sont les évènements à l’origine8, de comment il est possible de parler depuis cette position de « survivante » pour en faire un outil de reconstruction et de réappropriation de soi, et un outil de lutte féministe.

Le saviez-vous, en latin, la racine « caed » signifie « casser », « tuer » ou encore « frapper ». Du coup, l’orientation sexuelle de la sexualité cassée… c’est lourd de sens.

On continue avec une autre définition trigger warning, mais de l’autre côté du miroir cette fois.

Akoi(ne)sexuel·le / Aposexuel·le ou Lithsexuel·le – Une personne qui ressent de l’attirance sexuelle envers les autres mais ne s’intéresse pas au fait que ce sentiment soit réciproque ou ne le désire pas.

Pour moi, cette définition semble s’appliquer à deux types de personnes :

  • les violeurs.
  • les personnes victimes de violences conjugales.

Alors, bien sûr, une personne qui a ce type d’attirance n’est pas obligée de la mettre en application. Mais est-ce qu’on pourrait réfléchir deux minutes à pourquoi est-ce que des personnes ont ce type d’attirance ? Est-ce que ça ne pourrait pas être du au fait qu’on répète aux petits garçons que les filles sont là pour eux et que quand elles disent non c’est de la timidité ? Est-ce que ça ne pourrait pas être du au fait qu’on répète aux petites filles que les hommes ont des « besoins » (pas des désirs, pas des attirances, des BESOINS) qu’elles sont là pour satisfaire ?

Bref, ce type de définitions masque complètement le besoin d’analyse politique rendu nécessaire par ces « attirances ». Ce ne sont pas de simples orientations sexuelles. Ce sont des attirances problématiques issues d’un système problématique.

Des identités problématiques

Et puisque l’on aborde la question des identités problématiques, je vous ai fait une liste de trucs que je trouve vraiment affreux.

Antisexuel·le – Une personne qui est contre la sexualité.

Les mots pro-sex et anti-sex sont apparus durant les « sex-wars » aux USA, qui opposaient pro et anti-sexe. Les féministes anti-sexe, pour lutter contre l’oppression sexuelle des femmes, souhaitaient interdire la pornographie sous toute ses formes, voire la sexualité hétérosexuelle dans son entièreté : cette sexualité étant forcément oppressive, puisqu’inscrite dans des rapports de pouvoir qui s’exerçaient forcément au sein du couple hétérosexuel9. Les féministes pro-sexe souhaitaient, dans le même but, non pas interdire la pornographie, mais l’investir pour la modifier et proposer des contenus respectueux des femmes. De même, elles pensaient que les femmes avait une possibilité d’empowerment dans le sexe, quel qu’il soit. Non pas que les femmes puissent magiquement abolir les rapports de pouvoir dans leurs couples et leurs sexualités, mais qu’il est néanmoins possible d’analyser et de déconstruire la sexualité suffisamment pour s’y épanouir.

Hétéroflexible – Une personne qui est hétérosexuelle mais est prête à s’engager dans une relation/activité homosexuelle à l’occasion.

C’est pour faire une place aux hétéros ouverts-d’esprit-pas-homophobes, c’est ça ? 🎶 Les hétéros sont nos amis, il faut les aimer aussi… 🎶

Sapiosexuel·le – Une personne attirée sexuellement envers les personnes qu’elle perçoit comme étant intelligentes.

Du coup, si mon partenaire ne s’identifie pas comme sapiosexuel, c’est qu’il me prend pour un con ?

Objectum sexuality – Sexual and/or romantic attraction to inanimate objects (though not necessarily all inanimate objects).

Cochez cette case pour recevoir les spams marketing de funfactory.

Plus sérieusement, je ne comprends pas très bien cette définition, mais je pense qu’elle fait référence soit au fait d’utiliser des objets (et je vous renvoie aux multiples débats entre féministes sur les sex-toys, cf les sex wars citées plus haut) soit à ce que l’on pourrait appeler l’incorporation. C’est à dire le fait de considérer des objets (gode-ceinture, binder, …) comme des parties de son corps et de ressentir un désir passant par ces objets. Par exemple, ça veut dire être excité quand quelqu’un suce ton gode ceinture. Mais bon… je ne suis pas du tout certain que ce soit bien ce dont il s’agit ici, ce qui est un déjà un problème pour une définition.

Skoliosexuel·le – Une personne qui ressent de l’attirance sexuelle pour les personnes ayant un genre non-binaire.

Les nouveaux translovers10 ? L’exotisation, c’est le mal.

Genderplasma – like gender fluid, but hotter

Gendergas – a gender experience which expands to fill the entire container

Gendersolid – a gender experience which does not change in nature or intensity over time

Gender sublimation – a gender experience which transitions directly from gendersolid to gendergas 

La mécanique des fluides du genre, bientôt au programme du bac option physique-chimie.

Ces 4 derniers, on dirait du troll. Je pense que ça en a été au début, mais aujourd’hui on les retrouve dans des listes hyper premier degré… C’est hyper important de relire ce qu’on partage ou traduit, parce qu’à force de tout accepter sous prétexte que « des personnes s’identifient ainsi, il ne faut pas les exclure », on finit par retweeter n’importe quoi.

Rétablir le droit à la complexité

Il y a également des identités de genre et des orientations sexuelles complexes. Ou plutôt, qui sont définies par le fait d’être complexes. Florilège :

Les identités de genre et les orientations sexuelles qui changent :

Elissogender – A gender which vaguely moves around with no gender. Can be a modifier (elissogender demigirl) or standalone (elissogenders feel that their gender identity meanders).

Genderflux – When you don’t switch gender but intensity of the gender changes.

Abrosexuel·le – Une personne dont l’attraction sexuelle est fluide ou change souvent et brusquement.

Boreasexuel·le– Une personne qui a une orientation sexuelle définie mais avec une exception.

Burstsexuel·le – Une personne qui ressent des épisodes d’attirance sexuelle de façon soudaine et sans raison.

Les orientations sexuelles qui ne se définissent pas :

Novisexuel·le – Une personne qui ressent une attirance sexuelle (ou une non-attirance sexuelle) compliquée à tel point qu’elle ne pense pas pouvoir la définir en un seul terme.

Quassexuel·le – Une personne qui ressent des attractions sexuelles non traditionnelles.

Ce qui est intéressant avec ces définitions, c’est qu’elles soulèvent un problème latent de ces listes : à force de figer les identités et orientations de tout le monde dans des petites cases, on reproduit un système de classification immuable auquel on doit se conformer une fois qu’on a été classé.

Il semble pourtant évident que les expériences, les ressentis ou les désirs de chaque personne évoluent au cours d’une vie. Ils peuvent se transformer du tout au tout, ou ne presque pas changer du tout.

Pourquoi la complexité a-t-elle besoin d’une case spécifique ? Cela signifie-t-il que cette complexité est absente des autres définitions ? En tant que queers, nous passons notre temps à expliquer que la binarité de genre et l’hétérosexualité sont des cases trop petites pour nous contenir, et qu’elles ne peuvent pas englober toute la fabulosité de nos expressions et ressentis individuels. Pourquoi souhaiterions-nous nous reclassifier ? Parce que nous avons la flemme d’écouter quelqu’un parler de son individualité ? Ah c’est sûr, c’est plus simple de mettre des étiquettes sur les gens en les rangeant par ordre alphabétique de genre. Mais guess what ? Je pense que nous sommes uniques. Les mots que nous utilisons nous permettent de penser qui nous sommes et notre rapport au monde à un moment donné, dans un contexte donné. Ces mots sont politiques, parce qu’ils nous servent à remettre en cause l’hétéropatriarcat et les oppressions qui en découlent, et nous les utilisons différemment selon les personnes à qui nous parlons ou selon ce contre quoi nous luttons11.

Je n’ai jamais rencontré personne dans les milieux queers qui à la question « comment te définis-tu ? » répondait par un seul mot. Je n’ai jamais entendu personne expliquer les détails de la construction personnelle de son identité en une seule phrase. Acceptons que nos identités et nos parcours sont uniques et prenons le temps de nous écouter mutuellement et de réfléchir ensemble.

 


1.
Voir les pages Wikipédia sur la biopolitique et le biopouvoir.

2.
Voir Testo Junkie, de Paul B. Preciado, 2008.

3.
Vois la traduction du texte « The Woman-Identified Woman« .

4.
Voir La Pensée Straight, de Monique Wittig, 2001. Télécharger le pdf (le livre, plus complet, n’est plus édité, et hyper difficile à trouver)

5.
Sur la notion d’essentialisme stratégique développée par Spivak, voir ce résumé.

6.
Sur la responsabilité affective, voir l’article de Un bruit de grelot.

7.
Sur les débats sur l’utilisation de « survivante » ou « victime« .

8.
Une réflexion ici sur ce qui peut être considéré comme un viol ou pas, et sur pourquoi « ça reste ».

9.
Voir à ce sujet Andrea Dworkin (TW).

10.
Pour en savoir plus sur l’exotisation

11.
Je parle bien sûr ici des personnes et identités queers-transpédégouines-LGBT+-MOGAI, … Sur quelles identités peuvent être ou ne pas êtres incluses dans ces labels, vous pouvez lire cet article (en anglais).

 

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6 commentaires sur “Identités en questions

  1. – désolé pour le pavé –

    Merci pour cet article ! J’pense que c’est salutaire de faire revenir le politique là où il laissé place à une injonction floue et très limitée à « l’inclusivité ». Inclusivité de qui, pourquoi, de quelles manières ? Ça me paraît urgent de repenser nos discours en termes de perspectives politiques et de moyens mis en oeuvre pour les atteindre. Plus spécifiquement je comprends mal cette tendance à l’essentialisation qui n’en finit plus, en termes d’identité de genre ou en termes de diagnostics psychiatriques d’ailleurs, où on sort à la fois d’une conception médicale de ces diagnostics et d’une conception militante qui aurait une perspective, pour essayer de qualifier par un ensemble de termes techniques un rapport au monde, et le qualifier exclusivement en termes de déviance.

    Il me semble qu’historiquement les premières cristallisations d’orientations sexuelles et d’identités trans répondaient à une exclusion, les hommes qui (entre mille autres aspects de leurs vies) couchaient avec d’autres hommes sont devenues les homosexuels parce qu’on les a diagnostiqués et pointés du doigt comme tels, pour les trans c’est plus compliqué, on est quand même à certains moments allés vers les médecins, mais dans quel contexte, quelles sont les origines à la demande de transition médicale, est-ce que c’est juste le fait que ça ait été rendu possible à un moment de l’histoire ou est-ce que ça dépendait aussi d’un certain paradigme social, probablement les deux mais ce serait intéressant de se pencher sur la question 🙂

    Reste que bien souvent on a été mis en dehors de la société, et constitué des groupes à ses marges pour être de nouveau « dedans », appartenir à des cercles, avoir des gens sur qui compter, des semblables, des familles. Je comprends bien cette dynamique mais beaucoup moins celle inverse de figer dans des mots une déviance sans égard au fait qu’elle soit ou non un stigmate social, et sans théorie politique pour penser ça, et pourtant dieu sait que je suis passé par là. Enfin on ne peut pas dire que l’hypersexualité soit une orientation minorisée pour les mecs cis hétéros, au contraire (et même s’ils en souffrent, ça n’est pas la même chose qu’une mise à l’écart par la société qui résulte en l’altération des conditions de vie, c’est absurde d’utiliser les mêmes outils pour parler de ces deux phénomènes bien différents).

    Par ailleurs, et c’est un truc qui me met la puce à l’oreille, pour moi ces façons de penser mon identité de genre – trouver des mots pour m’aider à la penser, prendre de la distance par rapport à mon assignation, m’autoriser un espace supplémentaire pour expérimenter – ont clairement été une étape de ma transition, au sens où, non, je n’avais pas une identité masculine avant ma transition sociale puis physique. Bien entendu ce n’est pas le cas de tout le monde mais j’ai l’impression que ces discours peuvent pousser l’essentialisation jusqu’à dire « si tu n’as pas la connaissance intime du fait que tu es un homme / une femme, alors ce n’est pas ton devenir, tu as une identité non binaire » or je pense qu’aucun enfant ne s’identifie comme un homme ou une femme, mais que même cis jusqu’au bout des ongles être une fille ou un garçon c’est pas être une femme ou un homme. La dimension développementale dans l’identité de genre est +/- tacitement reconnue dans la culture dominante mais largement niée par ces discours intra-communautaires, où ton identité de genre est censée être un truc intrinsèque, une essence au sens propre, et où tu ne fais que la faire reconnaître par les autres en transitionnant. Eventuellement elle peut « se modifier » mais pas « être construite ». J’crois que c’est nier l’importance du regard social et l’importance du corps dans la construction de soi, mais surtout je crois que ça interdit tacitement à des gens trans de transitionner socialement ou médicalement, dans des contextes où le discours « ne deviens pas un homme tu es lesbienne » est devenu « il est impossible de devenir un homme, tu es non-binaire » mais reste tout aussi grave.

    Penser politiquement nos identités, oui, mais aussi penser politiquement les conditions dans lesquelles nous sommes et qui appellent ces discours, ces listes de définitions. J’ai aucune idée de pourquoi cette rhétorique devient aussi importante, mais ça m’étonnerait beaucoup que ce soit par hasard.

    Merci encore pour ton article

  2. Faut arrêter les conneries : situation biologique mâle ou femelle ou autre e c’est naturel car donné à la naissance et présent dans toute culture, même chez ceux qui sont sans culture : les animaux.

    Ce que suppose ceux qui veulent nier ceci : que le naturel est supérieur au culturel et que donc faut essayer de rendre la naturel moins naturel pour justifier des identités queer et des volontés trans de modification.

    Le naturel n’a rien de supérieur au culturel, la preuve : le cancer c’est naturel, les médoc c’est culturel !

  3. Naturel ou pas, quelle importance ?

    D’après mon psychiatre n°1 le genre est une illusion, chez tout le monde, illusion formée par la culture.

    Et il pense qu’il y a x genres et il est pour autodétermination trans sans psychiatre !

  4. «Pas inventé par nous […] pédé ?»
    Pour le coup, je serai curieux, car de mes souvenir de «reflexion sur la question gay, de Eribon», le mot a d’abord été créé par les gens concerné pour se lié à une ancienne et prestigieuse culture grecque, et ce n’est que plus tard que c’est devenu une insulte.

    J’ai peut-etre mal compris l’intéret du trigger warning, mais, à quoi ça sert d’en mettre un SANS préciser quel sujet risquent de trigger ? 

    Pour objectum sexuality, j’ai du mal à comprendre votre incompréhension. wikipédia, répondent assez rapidement à quelques une de vos remarques. Ainsu, des exemples de mariage avec la tour effeil, la statue de la libertée, etc.. rentrent dans cette catégorie. Je pense que la mécanophilie aussi: l’attirance envers les voitures motos. Et le site http://www.objectum-sexuality.org/ semble aller bien au delà des jouets sexuels.

    J’aimerai bien comprendre la relation entre Skoliosexuel et Translover ? À priori Skolio fait référence au genre que la personne se donne, et translover au fait que la personne n’ait pas gardé son genre assigné à la naissance. Il me semble que Skoliosexuel se rapproche beaucoup plus de androsexuel et gynosexuel: les attirance envers les personnes de genre masculin ou féminin, qui sont des attirances qui sont rarement considéré comme étant «mal».

    1. Bonjour Arthur, et merci pour ton commentaire. (et désolé de ne pas l’avoir vu plus tôt)

      Sur l’origine de « pédé », et l’ « objectum sexuality » merci pour les références, j’irai checker ça.
      (Et pour celleux que ça intéresse –> https://en.wikipedia.org/wiki/Object_sexuality [EN] )

      Pour ce qui est du trigger warning, nous sommes dans un article qui parle de sexualité. Ça me semblait un peu évident.

      Enfin, sur la relation entre « skoliosexuel » et « translover », il me semble que les personnes de genre non-binaire, tout comme les personnes trans, peuvent parfois dans nos milieux être victimes d’un certain effet de mode. Elles deviennent des badges qu’on tient par la main en manif pour bien montrer à quel point on est ouvert·e·s d’esprit, déconstruit·e·s, woke, … Une conséquence importante c’est la dépendance créée par cette relation, qui peut parfois devenir abusive : les personnes nb et/ou trans se retrouvent souvent, de manière plus ou moins temporaire, isolées par leur entourage, et submergé·e·s de doutes sur leur futur, leur apparence, leur capacité à être attirant·e·s, … Cela en fait des personnes particulièrement vulnérables aux relations abusives qui fonctionnent souvent sur du chantage affectif. Ce ne serait pas la première fois qu’une personne se sentirait contraint·e de prendre / ne pas prendre des hormones sous peine de perdre sa ou son partenaire. Je pense que c’est hyper important, en tant que partenaires de personnes nb et/ou trans, de nous questionner sur notre propre exotisation d’une part, et d’autre part en tant que personnes nb et/ou trans, d’identifier les situations qui peuvent rendre vulnérables les personnes de nos communautés.

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