Politiques d’inclusion des identités

La transformation et la radicalisation politique des UEEH ces dernières années, et des mouvements transpédégouines en général, m’ont amené à réfléchir à l’impact de nos stratégies d’organisation sur les problématique d’inclusion et d’exclusion des personnes.

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Mariage gay : Ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts.

J’ai déjà écrit sur ce blog à propos du mariage gay. Néanmoins, j’aimerais revenir ici, non pas sur la pertinence des revendications liées à l’ouverture du mariage aux personnes homosexuelles, mais sur le contexte politique qui entoure le passage de la loi en France.

Depuis novembre dernier, je suis parti travailler aux US, et j’ai donc suivit le débat à distance, via les réseaux sociaux (merci Yagg et le #DirectAN). D’une certaine manière, je me sens à la fois coupable et impuissant, notamment à cause de la distance, parce que je ne peux pas être là pour ma communauté à un moment où nous avons besoin de nous serrer les coudes, d’être nombreux en manif, de faire face aux homophobes anti-mariage en leur montrant que nous sommes toujours là dans nos bars, dans nos quartiers, dans nos assos. Je me sens frustré de ne pas pouvoir activement tenir tête aux fachos, de ne pas pouvoir crier de slogans pour exprimer ma colère. Je suis triste et j’ai peur pour mes amis et pour ma communauté toute entière qui vit à présent dans l’épuisement moral de voir les acquis de la lutte contre l’homophobie s’amoindrir petit à petit, autant que dans un climat d’agressions physiques et verbales permanent, dans la rue ou aux informations.
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Coming out, web 2.0 et lutte contre le VIH

A l’occasion du 1er décembre, voici un article sur la prévention contre le sida… Comment ça je suis en retard ? Non, c’est faux… :-p

Sur certains sites de rencontres, particulièrement des sites gays, il est désormais possible de renseigner son statut sérologique. En conséquence , il devient possible de rechercher des partenaires potentiels en filtrant selon différents critères, dont le statut sérologique. Qu’est-ce que cela implique en terme de déresponsabilisation et d’augmentation des risques de contamination ? En quoi cela peut-il être source d’empowerment pour les personnes séropositives ? Enfin, n’est-ce pas là une piste de réflexion pour de futures campagnes de prévention ?

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L’apparence comme outil de lutte.

Dans les luttes transpédégouines / queer, il existe de nombreux questionnements et de nombreuses réflexions autour de la question de la construction d’une identité par la réappropriation de codes vestimentaires ou comportementaux. La notion de performance1 est un des axes d’approche pour déconstruire les normes qui nous sont imposées et pour mieux se reconstruire et s’affirmer dans son identité propre.

Pourtant, alors que nous cherchons à questionner et à analyser les mécanismes de la norme, cela se traduit parfois par d’autres injonctions à d’autres codes. On en arrive l’élaboration d’une contre-norme queer, tout aussi contraignante que la précédente.

Bref, ce texte parle de fashion power, de paillettes, d’affirmation de soi, de violence et de multiplicité des identités.

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Fais le toi-même

Il y a de cela quelques années, un nouveau slogan est apparu aux ueeh :

Si c’est important pour toi, fais le toi-même.

Cette phrase qui se voulait un clin d’œil à l’autogestion et aux pratiques DIY (Do It Yourself) a tellement déchainé les passions qu’elle a fini par être enterrée très très profond, et que lorsqu’elle est prononcée, au moins trois ou quatre personnes se mettent à souffler très fort en plissant les yeux.

Elle a été rejetée, notamment parce que certaines personnes la trouvait agressive : elle passait en effet le message que les membres du conseil d’administration n’étaient pas responsables d’absolument tout, puisque par définition, en auto-gestion, on n’est pas sensés se reposer sur des personnes élues qui auraient plus de pouvoir (même si les ueeh ne sont pas entièrement autogérées toute l’année, puisqu’elles ont avaient un CA) et que donc chacun devait prendre ses responsabilités.

Nous en discutions récemment avec un ami, et nous avons réalisé que cette phrase avait en fait eu une résonnance très différente pour nous : qu’elle nous avait d’une certaine manière permis de faire plus de choses. Nous avions compris cette phrase comme une permission ou un encouragement qui nous était donné à faire les choses. Lire la suite « Fais le toi-même »

La construction discursive d’identités « polysexuelles ».

Il ne faut pas avoir peur du titre, c’est un peu pour me la péter, parce que je trouve qu’il sonne vachement branlette intellectuelle. 🙂

Dans Trouble dans le genre[1], J. Butler montre l’existence d’une ligne sexe-genre-désir, basée sur le désir hétérosexuel et l’hétérosexualité obligatoire. C’est à dire que les  individus sont censés correspondre à une catégorie de sexe (mâle ou femelle), qui elle-même correspond à une catégorie de genre (homme ou femme), liée à un désir hétérosexuel, c’est à dire vers des individus de sexe/genre « opposé ». C’est le propre des théories queer, dans une visée de libération des corps et des identités, de lutter contre ce système hétéropatriarcal, défini par de nombreuses féministes.

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L’identité a-t-elle une valeur par défault?

Dans la communauté gamer, un débat est récemment apparu, à la suite de la sortie du trailer du prochain Lara Croft, dans laquelle l’héroïne est victime d’une tentative de viol. Plusieurs articles1 ont notamment été écris sur le sujet, et ont réveillé le débat sur le sexisme dans la communauté geek. Du coup, j’ai eu envie de publier ce texte que j’avais dans mes tiroirs depuis quelques temps. Il s’agit d’une réaction à des articles parus sur ce blog2.

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Linux c’est le mal, vive Windows.

Lorsque l’on veut faire quoi que ce soit sous Windows, il y a toujours un nombre impressionnant  de fenêtres de confirmation qui s’affichent. Par exemple, pour supprimer un fichier, il faut d’abord répondre à la question « êtes-vous sûr de vouloir faire ça ? », puis se rendre dans la corbeille du bureau, à nouveau sélectionner le fichier et cliquer sur l’effrayant bouton « supprimer définitivement ». A ce moment là, une autre demande de confirmation s’affiche : « êtes-vous vraiment sûr de vouloir faire ça ? ». Enfin, après 5 minutes de lutte acharnée, le fichier est supprimé.

Sous Linux en revanche, il y a juste à appuyer sur le bouton « supprimer » pour effacer le fichier. Pour peu qu’on soit en root, on peut supprimer à peu près tout ce qu’il y a sur le pc, système d’exploitation compris avec une simple ligne de commande. Imaginez-vous l’impact d’une simple faute de frappe dans votre console ? Mesurez-vous le risque que vous prenez à chaque fois que vous entrez une commande ? Lire la suite « Linux c’est le mal, vive Windows. »