C’est quoi le Care ?

Le Care, c’est un peu un concept fourre-tout, qu’on ne traduit pas en français pour lui permettre de garder un peu de flou. C’est un truc qu’on ressent, quelque part entre l’attention à l’autre, le gif de chaton, l’empathie et le #soutien. On parle de care, sans trop savoir si on fait référence à l’éthique du care, au travail du care, à l’auto-support communautaire, et en faisant un peu référence à tout ça en même temps. Des fois, twitter, ça ressemble à une assemblée de sorcières féministes qui touillent des grands chaudrons de concepts théoriques. Quelle que soit la recette, on versera le résultat dans une petite fiole, posée sur l’étagère des « outils contre le patriarcat », entre les crins de licornes et les racines de Belladone.

Une fois n’est pas coutume, je vous propose de démystifier un peu tout ça, avec beaucoup de Wikipédia, une pincée d’histoire et deux doigts de théorie.

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Sortir du placard trans

Je vois passer de plus en plus régulièrement des prises de positions de meufs féministes (cis ou trans), assimilant les mecs trans à des mecs cis, leur attribuant un certain nombre de privilèges liés au genre masculin. Or la réalité des situations des mecs trans me paraît plus complexe que cela.

Bien sûr, je ne souhaite absolument pas ici remettre en question les analyses féministes matérialistes qui utilise les classes sociales d’“hommes” et de “femmes” comme outils pour identifier et critiquer les rapports de pouvoir qui s’exercent au sein de notre société hétéropatriarcale. La question ici est plutôt de savoir comment analyser la position des hommes trans dans les espaces communautaires queers et féministes au sens large.

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Identités en questions

Ces derniers temps, j’ai vu passer pas mal de choses autour des définitions des identités non-binaires et des orientations asexuelles et aromantiques. Dont pas mal de choses assez problématiques.

Je pense que la pensée politique se développe par l’analyse et la critique. Réfléchir aux questions d’identités, d’oppressions, d’orientations, … c’est un cycle de questionnements, de solutions, de critiques, de re-questionnements, d’adaptation de la solution, … Et c’est hyper important que nous gardions entre nous la possibilité de débattre, de se questionner, de critiquer et d’entendre les critiques, … Mais pour ça, d’une part les critiques doivent être constructives (c’est à dire qu’elles doivent faire avancer la réflexion) et argumentées (parce que si tu es seul à comprendre ta critique, on va pas avancer tous ensemble) ; et d’autre part on doit être prêt à se remettre en question, et considérer qu’une critique peut être une invitation à la discussion et pas nécessairement une négation invisibilisante d’un ressenti minoritaire.

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Mort de Leslie Feinberg, auteur·e de Transgender Warriors

Leslie Feinberg, blanc·he anti-raciste, de classe ouvrière, de culture juive, transgenre, lesbienne, communiste révolutionnaire et auteur·e de plusieurs livres, est décédé·e le 15 novembre, chez iel à Syracuse1.

Voilà quelques temps maintenant que j’ai entrepris de traduire un de ses livres, Transgender Warriors, en français. A travers ce livre, Leslie Feinberg fait partie des personnes qui m’ont fait comprendre que l’Histoire n’est pas qu’une succession de dates, mais le croisement et la succession des vies de personnes qui me ressemblent plus que je ne l’aurais cru. Et surtout que l’Histoire, comme toutes les sciences, peut être biaisée, interprétée, étouffée, lorsque la classe dominante la raconte, sous couvert d’objectivité. Lire la suite « Mort de Leslie Feinberg, auteur·e de Transgender Warriors »

Mariage gay : Ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts.

J’ai déjà écrit sur ce blog à propos du mariage gay. Néanmoins, j’aimerais revenir ici, non pas sur la pertinence des revendications liées à l’ouverture du mariage aux personnes homosexuelles, mais sur le contexte politique qui entoure le passage de la loi en France.

Depuis novembre dernier, je suis parti travailler aux US, et j’ai donc suivit le débat à distance, via les réseaux sociaux (merci Yagg et le #DirectAN). D’une certaine manière, je me sens à la fois coupable et impuissant, notamment à cause de la distance, parce que je ne peux pas être là pour ma communauté à un moment où nous avons besoin de nous serrer les coudes, d’être nombreux en manif, de faire face aux homophobes anti-mariage en leur montrant que nous sommes toujours là dans nos bars, dans nos quartiers, dans nos assos. Je me sens frustré de ne pas pouvoir activement tenir tête aux fachos, de ne pas pouvoir crier de slogans pour exprimer ma colère. Je suis triste et j’ai peur pour mes amis et pour ma communauté toute entière qui vit à présent dans l’épuisement moral de voir les acquis de la lutte contre l’homophobie s’amoindrir petit à petit, autant que dans un climat d’agressions physiques et verbales permanent, dans la rue ou aux informations.
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