L’apparence comme outil de lutte.

Dans les luttes transpédégouines / queer, il existe de nombreux questionnements et de nombreuses réflexions autour de la question de la construction d’une identité par la réappropriation de codes vestimentaires ou comportementaux. La notion de performance1 est un des axes d’approche pour déconstruire les normes qui nous sont imposées et pour mieux se reconstruire et s’affirmer dans son identité propre.

Pourtant, alors que nous cherchons à questionner et à analyser les mécanismes de la norme, cela se traduit parfois par d’autres injonctions à d’autres codes. On en arrive l’élaboration d’une contre-norme queer, tout aussi contraignante que la précédente.

Bref, ce texte parle de fashion power, de paillettes, d’affirmation de soi, de violence et de multiplicité des identités.

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Fais le toi-même

Il y a de cela quelques années, un nouveau slogan est apparu aux ueeh :

Si c’est important pour toi, fais le toi-même.

Cette phrase qui se voulait un clin d’œil à l’autogestion et aux pratiques DIY (Do It Yourself) a tellement déchainé les passions qu’elle a fini par être enterrée très très profond, et que lorsqu’elle est prononcée, au moins trois ou quatre personnes se mettent à souffler très fort en plissant les yeux.

Elle a été rejetée, notamment parce que certaines personnes la trouvait agressive : elle passait en effet le message que les membres du conseil d’administration n’étaient pas responsables d’absolument tout, puisque par définition, en auto-gestion, on n’est pas sensés se reposer sur des personnes élues qui auraient plus de pouvoir (même si les ueeh ne sont pas entièrement autogérées toute l’année, puisqu’elles ont avaient un CA) et que donc chacun devait prendre ses responsabilités.

Nous en discutions récemment avec un ami, et nous avons réalisé que cette phrase avait en fait eu une résonnance très différente pour nous : qu’elle nous avait d’une certaine manière permis de faire plus de choses. Nous avions compris cette phrase comme une permission ou un encouragement qui nous était donné à faire les choses. Lire la suite

The Help – La Couleur des Sentiments.

J’ai récemment eu l’occasion de voir le film The Help, traduit en français sous le nom La Couleur des Sentiments. Je n’ai pas lu la nouvelle de laquelle est tiré le film, donc je ne peux pas faire la part de ce qui est dû au parti pris de l’auteur ou à celui du réalisateur. Néanmoins, j’ai trouvé ce film intéressant pour se pencher sur les privilèges blancs que nous avons intégrés, et essayer de se remettre un peu en question.

Pour faire un résumé rapide, il s’agit, dans les années 60, d’une femme blanche qui décide d’interviewer des bonnes noires et d’écrire un livre pour montrer aux autres blancs ce que c’est que d’être une femme noire employée comme bonne dans une famille blanche.

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Le rôle des occidentaux en Asie du Sud-Est.

A Noël, pour voir le soleil, de nombreux occidentaux passent leurs vacances en Thaïlande ou au Cambodge. Ils y vont pour le climat bien sur, mais aussi pour le coût de la vie et le dépaysement. Ainsi, on voit débarquer tous les ans à Phuket et à Pattaya des hordes de touristes blancs aux poches remplies de dollars qui viennent chercher de l’exotisme pas trop cher.

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Être une grande gueule.

Comment expliquer que, parfois, alors qu’une majorité des personnes présentes est en faveur d’une proposition A, il semble, vu de l’extérieur, que c’est l’inverse ? Pourquoi est-ce que, dans certains débats, ce sont toujours les mêmes personnes qui prennent la parole ?

Être une grande gueule, c’est aussi mettre en place un système d’oppression, dans lequel les personnes qui sont plus timides, ou dont les paroles sont moins éloquentes, sont systématiquement moins écoutées.

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Je suis riche et j’assume.

Je suis né dans une famille blanche et bourgeoise. Mes parents ont des thunes et j’en profite bien, puisqu’ils me paient des études, un appart et de l’argent de poche.

Tout cela fait que j’ai été éduqué comme une personne riche, c’est-à-dire que quand je pars sur les routes « à l’aventure », je sais que je peux toujours me payer un billet de train ou une chambre d’hôtel si quelque chose déraille. De fait, on ne prend pas les mêmes risques quand on a des revenus différents. Cela me permet également de trouver « normal » de payer un café plus de 5€ dans certains endroits, parce que c’est issu du commerce équitable, que c’est en plein centre de Paris, … Et par-dessus tout, je n’ai pas besoin de travailler. Je suis donc libre de me prélasser sur mon fauteuil toute la journée. (Parce qu’il ne faut pas croire que les étudiants révisent, ils font seulement semblant).

D’un point de vue militant, c’est quelque chose de très intéressant, parce que ça me permet de voyager pour rencontrer des gens et monter des projets, je peux donner de mon temps dans des associations trop chouettes, j’ai les formations nécessaires pour apporter un soutien administratif et financier, …

Malheureusement, il m’arrive aussi d’avoir des réflexes de personne bourgeoise. Par exemple de proposer à des potes d’aller se faire une bouffe, sans réfléchir que certains n’en auront pas les moyens. Ou encore de partir en vacances au soleil et de rentrer exhiber mon superbe bronzage devant ceux qui triment pour joindre les deux bouts.

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