Chapitre 5

Notre passé sacré

Les concepts qui se sont trouvés utiles dans la conception d’un ordre des choses gagnent immédiatement une telle autorité sur nous que nous en oublions leur origine terrestre et les prenons pour des données immuables.

Albert Einstein

Je me souviens avoir été dans un bus

en plein milieu de la nuit dans une tempête de neige glaciale au début de l’année 1976. Je me rendais, avec beaucoup d’autres activistes, à une conférence politique à Chicago. Incapable de dormir, j’avais une photocopie d’un pamphlet du Monde des Travailleurs 1 tellement récent que les copies mises en pages n’étaient pas encore revenues de l’imprimerie. Ce pamphlet marquant – une analyse marxiste des racines de l’oppression gaie et lesbienne – avait été écrit par Bob McCubbin, un homme gay avec lequel je travaillais dans notre branche de New York. Je savais que Bob avait travaillé sur cet historique, mais je n’avais aucune idée de comment de comment ses recherches et son analyse allaient impacter ma vie.

Je me suis trouvé/e moi-même dans ces pages. Pour la première fois depuis que je m’étais rendu/e compte de mon propre désir sexuel, je me suis senti/e libéré/e d’une couche de honte non-examinée. Bob présentait une vue globale de l’histoire humaine, donc je pouvais voir que l’amour entre personnes de même sexe avait toujours fait partie de la sexualité humaine. Il fournissait des exemples de sociétés communales primitives qui rendait hommage à toutes formes d’amour et d’affection humaine. Bob analysait comment et pourquoi la division de la société en classes avait conduit à des attitudes de plus en plus hostiles des dirigeants envers l’amour entre personnes de même sexe. Et à ma surprise, il incluait des exemples d’acceptation de transgenres dans des sociétés coopératives.

Cette carte montre les nombreuses parties du monde où l'antropologue Hermann Baumann a docummenté des prếtresses transsexuelles male-to-female.

Cette carte montre les nombreuses parties du monde où l’anthropologue Hermann Baumann a documenté des prêtresses transsexuelles male-to-female.

Alors que je tremblais à côté d’une fenêtre de bus recouverte de glace, je pleurais de soulagement. J’ai réalisé à quel point il était important pour moi de savoir que j’avais une place dans cette histoire, que j’appartenais à la race humaine.

En lisant et en relisant ce pamphlet dans les années qui suivirent, j’ai vu que je pouvais aussi approcher l’histoire trans d’un point de vue matérialiste. Je suis donc revenu/e en arrière et ai porté un nouveau regard à la charge portée par les Inquisiteurs de Jeanne comme quoi elle suivait « les coutumes des gentils et des païens ». Dans ma famille, gentils signifiait non-juifs. Mais je me souvins de l’usage de Engels du terme gens – et il me revins que les ecclésiastiques français se référaient aux communautés libres de fermiers toujours organisés comme des gens, l’unité familiale des sociétés matrilinéaires coopératives.

Je voulais remonter plus loin, creuser pour des preuves préhistoriques de transgenres dans les sociétés communales en Europe. Mais comment pouvais-je ? Bien que ces communautés primitives aient été coopératives jusque environ 4 000 AEC (NdT: Avant l’Ere Commune) – estimé être la fin de l’Age de Pierre ou de la période Néolithique – ces antiques fermiers et chasseurs n’avaient laissé aucune trace écrite.

J’ai donc passé au peigne fin des livres, magazines et articles d’actualité consacrés à l’histoire de l’Europe, de l’Afrique, de l’Amérique latine, du Moyen-Orient et de l’Asie. J’ai cherché la plus ancienne trace écrite de n’importe quelle forme d’expression trans. A ma grande surprise, j’ai trouvé beaucoup d’information.

En haut: La figure sur la droite est une prêtresse transs enaree. Cette image vient d'une plaque en or sur une tiare de la fin du IVème siècle EC des Karagodeuaskh Tumulus sur la rivière Kuban. En bas: une prêtresse galla de la déesse Cybèle, du milieu du IIème siècle EC.

En haut: La figure sur la droite est une prêtresse transs enaree. Cette image vient d’une plaque en or sur une tiare de la fin du IVème siècle EC des Karagodeuaskh Tumulus sur la rivière Kuban.
En bas: une prêtresse galla de la déesse Cybèle, du milieu du IIème siècle EC.

Par exemple, j’ai trouvé d’abondantes évidences de prêtresses femmes transsexuelles male-to-female qui jouaient un rôle important dans l’adoration de la Grande Mère. Une vaste recherche d’universitaires avait révélé que cette déesse, et pas des dieux mâles, était vénérée à travers le Moyen-Orient, l’Afrique du Nord, l’Europe et l’Asie de l’Ouest.

La Grande Mère était emblématique d’un communalisme pré-classes. Aujourd’hui, beaucoup d’universitaires la décrivent comme une déesse femme. Mais peut-être ceux qui la révéraient voyaient cette divinité de manière plus complexe. Bien qu’il soit impossible aujourd’hui d’évaluer précisément comment les personnes qui vécurent des millénaires auparavant voyaient cette déesse, l’historien romain Plutarque décrivit la Grande Mère comme une déité intersexuée (hermaphrodite) au sein de laquelle les sexes n’avaient pas encore été séparés.

Les prêtresses transsexuelles de la Grande Mère suivaient une voie ancienne et sacrée de rituels qui incluaient la castration. Ces prêtresses transsexuelles continuaient à servir la Grande Mère dans des sociétés dans lesquelles les divisions de classes se développaient tout juste. Elles sont documentées dans les archives d’un temple Mésopotamien du milieu du troisième millénaire BCE, et sont également trouvées dans des archives assyriennes, akkadiennes, et babyloniennes.

Beaucoup de déesses méditerranéennes, moyen-orientales et proche-orientales étaient servies par des prêtresses transsexuelles, dont l’Astarte syrienne et la Déesse Syrie à Hierapolis, Artémis, Atargatis, Ashtoreth ou Ishtar, Hecate à Laguire, et Artémis (Diane) à Ephèse. Les statues de Diane étaient souvent représentées ornées d’un collier fait des testicules de ses prêtresses.

Des femmes prêtresses transsexuelles appelées gallae ont été retrouvées en si grand nombre en Anatolie, une région qui fait aujourd’hui partie de la Turquie, que certains textes classiques en rapportent plus de 5 000 dans certaines villes. Les gallae servaient la Grande Mère, que les Phrygiens appelaient Cybèle, dont l’adoration est crue remontée à l’Age de Pierre.

Le service sacré des prêtresses transsexuelles était il une pratique enracinée dans les sociétés communales matrilinéaires ? Ou était-ce un exemple d’hommes, vivant sous le patriarcat, se castrant eux-mêmes pour arracher cette position aux femmes ? Tous les chercheurs et historiens ne s’accordent pas.

Par exemple, les découvertes de l’historien David F. Grinberg semblent soutenir la première position. Il conclue que les preuves de chamans trans, « parmi des personnes, dont les modes de vie ultérieurs ont été très divers, suggèrent que ce rôle remonte à la fin du Paléolithique (si ce n’est plus tôt). »

Heviosso adorant, à Abomey, Afrique. C'est la région qui est célèbre pour ses femmes guerrières Amazones.

Heviosso adorant, à Abomey, Afrique. C’est la région qui est célèbre pour ses femmes guerrières Amazones.

La chercheuse féministe Merlin Stone est une éminente porte-parole du dernier argument. Elle a écrit à propos de la transition dans les cultures méditerranéennes et moyen-orientales de sociétés communales à une division de classes primitive. Stone soutient : « Il semble assez possible que comme les hommes commencèrent à gagner du pouvoir, même au sein de la religion de la Déesse, ils remplacèrent les prêtresses. Ils ont pu initialement obtenir ce droit en s’identifiant et en imitant l’état castré du fils/amant ; ou d’ans une tentative d’imiter le clergé féminin, qui portait originellement le pouvoir. Ils ont pu essayer de se débarrasser de leur virilité en adoptant le rituel de la castration et le revêtement d’habits de femmes. »

L’argumentaire de Stone s’appuie sur une définition biologique déterministe de ces prêtresses transsexuelles comme des hommes. Mais comment des prêtresses qui s’étaient « débarrassées de leur virilité » pouvaient-elles s’attendre à s’attirer les bonnes grâces des nouveaux hommes riches qui accordaient plus de valeur aux hommes qu’au femmes ? En plus d’être privées de « virilité », ces prêtresses continuaient la pratique d’adoration d’une déesse matrilinéaire qui rivalisait avec les religions patriarcales de la nouvelle classe dominante des hommes.

Et que dire de l’affirmation que le clergé féminin « portait originellement le pouvoir » ? D’où le « pouvoir » des femmes dérivait-il dans les sociétés coopératives ? Était-ce basé sur la tenue des rennes spirituelles ?

Les anthropologues ont reconstruit des schémas de vie dans l’Europe de l’Age de Pierre, de la même manière que des paléontologues ont reconstruit des modèles de dinosaures. L’Âge de Pierre était un temps de développement humain avant l’utilisation du métal, quand les outils et les équipements de chasse étaient fabriqués à partir de pierre. Les humains vivaient des la chasse et de la récolte ; le travail du groupe était collaboratif.

Dans ces sociétés primitives, la plupart des hommes chassaient tandis que les femmes développaient une division du travail dans de grand centres de production et se répartissaient la responsabilité du soin des enfants. Les femmes ne régnaient pas sur les hommes de la même manière que les hommes dominent les femmes dans les sociétés patriarcales. Il n’y avait aucun signe de pharaons et d’empereurs, de reines ou de présidents, qui vivaient dans le luxe tandis que d’autres peinaient dans la misère. Le leadership ne pouvait pas être forcé ou acheté, il devait donc être gagné par le respect du groupe.

Un danceur Sakpota à Dahomey, Afrique.

Un danceur Sakpota à Dahomey, Afrique.

La structure familiale de ces sociétés était matrilinéaire et matrilocale – c’est à dire que les femmes étaient à la tête des groupes familiaux et des maisons collectives. La descendance du sang et l’héritage étaient tracés à travers les femmes. Dans ces sociétés de l’Age de Pierre, les femmes étaient tellement respectées que l’anthropologue Jacquetta Hawkes en conclu, « en effet, il est tentant d’être convaincu que les sociétés du début du Néolithique à travers leur étendue dans le temps et dans l’espace ont donné à la femme le statut le plus élevé qu’elle ait jamais connu. »

Mais ces sociétés coopératives n’avaient-elles de place que pour deux sexes, fixés à la naissance ? Il est devenu commun pour les scientifiques sociaux de conclure que la division humaine du travail la plus ancienne entre les femmes et les hommes dans les sociétés communales a formé la base pour les frontières modernes de sexe et de genre. Mais le plus j’ai étudié et le plus j’ai cru que le présupposé que toutes les sociétés dans tous les coins du monde, dans toutes les périodes de l’histoire humaine reconnaissaient seulement les hommes et les femmes comme deux catégories sociales immuables est une conclusion occidentale moderne. Il est temps de porter un autre regard sur ce que nous avons longtemps cru être une division ancienne du travail entre seulement deux sexes.

Un rituel Yoruba au Brésil. Notez l'axe à deux tranchants de Shango, la divinité qui représentait tous les sexes. Les Amazones portait également des axes à double tranchant.

Un rituel Yoruba au Brésil. Notez l’axe à deux tranchants de Shango, la divinité qui représentait tous les sexes. Les Amazones portait également des axes à double tranchant.

Nos ancêtres primitifs ne semblent pas avoir étés des déterministes biologiques. Il y a des sociétés tout autour du monde qui autorisaient plus de deux sexes, tout en respectant le droit des individus à réassigner leur sexe. Et la transsexualité, le transgendérisme, l’intersexualité et le bigendérisme apparaissent comme thèmes de mythes de la création, de légendes, de paraboles et d’histoires orales.

Comme je l’ai déjà documenté, de nombreuses nations Native-américaines sur le continent Nord-Américain ont fait de la place pour plus de deux sexes, et il semble qu’il y ait eu une fluidité entre eux. Des rapports d’expéditions militaires, de missionnaires, d’ethnographes, d’anthropologues d’explorateurs et d’autres hérauts du colonialisme ont cité de nombreuses formes de changement de sexe, de transgenderisme et d’intersexualité dans les sociétés matrilinéaires – des sociétés dans lesquelles les hommes n’étaient pas en position dominante. De ces récits – peu importe la voix tordue par le racisme et la colère des narrations coloniales – il est clair que les prêtresses transsexuelles et autres guides spirituels trans, ou personnes médecine ont existé dans de nombreuses cultures anciennes.

Il n’est pas possible dans beaucoup des exemples suivants de faire une distinction entre des expressions transsexuelles, transgenres, bigenres ou de genres mixtes. Néanmoins, les guides spirituels trans ont joué un rôle dans les cultures reculées tout autour du monde.

Par exemple, les croyances spirituelles africaines dans des divinités intersexuées et dans des transformations de sexe/genre parmi leurs fidèles ont été documentées parmi les Akan,Ambo-Kwanyama, Bobo,Chokwe, Dahomeans (du Bénin), Dogon, Bambara, Etik, Handa, Humbe, Hunde, Ibo, Jukun, Kimbundu, Konso, Kunama, Lamba, Lango, Luba, Lulua, Musho,Nuba, Ovimbundu, Rundi, Shona-Karonga, Venda, Vili-Kongo, et Yoruba.

Le transgendérisme dans les cérémonies religieuses est toujours rapporté au vingtième siècle en Afrique de l’Ouest. Et le travestissement est une caractéristique des cérémonies brésiliennes et hawaïennes modernes, dérivées des religions ouest-africaines.

Un jeune mâle habillé comme une divinité hindu au festival Kumbh Mela à Allahabad, Inde en 1989.

Un jeune mâle habillé comme une divinité hindu au festival Kumbh Mela à Allahabad, Inde en 1989.

De plus, des chamans male-to-female ont étés rapportées parmi les Araucaniens dans le Chili du Sud et certaines parties de l’Argentine. Elles ont aussi été rapportées parmi les Guajire, un peuple d’éleveurs du Nord-Ouest du Venezuela et du Nord de la Colombie, et parmi les Tehuelche, qui étaient des chasseurs-cueilleurs en Argentine.

L’historienne transgenre Pauline Park, qui est coréenne-américaine m’a écrit à propos des expressions spirituelles trans en Asie.

Des pratiques et les identités transgenres ont été documentées dans toutes les sociétés traditionnelles asiatiques. Dans certaines traditions asiatiques, des figures transgenres replissaient des fonctions religieuses ou quasi-religieuses. Un de ces exemples est celui de la basaja de l’île Indonésienne de Sulawesi (les Célèbes). La hijra d’Inde peut aussi être comprise dans un contexte religieux, en relation à la déesse-mère Bahuchara Mata, bien que certaines hijras adorent également le dieu hindu Shiva dans sa manifestation mi-homme, mi-femme Ardhanarisvara.

Enfin, il faut mentionner la hudang. La mudang coréenne était une chaman ou une sorcière qui souvent était une transgenre male-to-female, et comme beaucoup d’autres traditions chamaniques, l’idée que combiner les caractéristiques des deux sexes et des deux genres pouvait connecter une personne à un royaume spirituel transcendant semblait sous-tendre cette pratique.

Un danceur nat au Myanmar (Birmanie).

Un danceur nat au Myanmar (Birmanie).

Dans la Chine ancienne, la shih-niang portait une combinaison de costumes féminin, masculin et religieux. A Okinawa, certains chamans prenaient part à une ancienne cérémonie male-to-female appelée winagu nati, ce qui signifie, « devenir femme ». Et les chamans trans étaient toujours rapportées pratiquantes dans la campagne vietnamienne au milieu des années 70s.

Les prètres female-to-male existent également – et surtout coexistent avec les chamans male-to-female. Parmi les Lugbara en Afrique par exemple, les male-to-female sont appelés okule et les female-to-male sont nommés agule. Les Zulus appelaient à la fois les male-to-female et les female-to-male isangoma. Alors que les chamans ont fait partie de la vie traditionnelle des Chukchee, Kamchadal, Koryak et Inuits, – tous des peuples Natifs-américains du bassin arctique – les female-to-males Inuits servaient la Femme Baleine Blanche que l’ont disait avoir été transformée en homme ou en homme-femme. Et l’expression female-to-male fait partie des rituels et festivals populaires avec de profondes racines matrilinéaires dans tous les coins du monde – dont des sociétés sur le continent Européen.

Les guides spirituels trans et femmes continuent à coexister dans ce siècle. Bien que les devins Zulus sud-africains soient souvent des femmes, certaines sont des devins male-to-female. Parmi le peuple Ambo de l’Angola du Sud, même en ce siècle, des femmes – dont des femmes trans – servent la divinité Kalunga.

Le jeune homme africain à gauche représente une femme.

Le jeune homme africain à gauche représente une femme.

Et dans plusieurs régions du monde, le remplacement des chamans trans par des guides spirituels femmes non-trans a été le résultat d’une pression patriarcale. Par exemple, Walter Williams écrivit que, en Amérique du Sud, « parmi les Araucanians, les Mapuches et probablement d’autres peuples avant les contacts coloniaux, les guides religieux chamans étaient tous des berdaches. Quand les espagnols supprimèrent cette institution religieuse à cause de son association avec le sexe homme-homme, les Indiens se tournèrent vers un modèle complètement nouveau. Les femmes devinrent les chamans. »

Une marche haïtienne à travers Brooklyn, New York, en 1993.

Une marche haïtienne à travers Brooklyn, New York, en 1993.

Bien que ces brefs exemples d’expression trans soient limités à des contextes spirituels, des milliers de livres, essais et champs de recherche citent le transgenderisme, le bigenderisme, la transsexualité et l’intersexualité dans des sociétés sur tous les continents, à tous les stages de développement. Je ne soutiens pas que tous ces exemples de cultures diverses sont identiques aux identités trans occidentales modernes. Je n’essaye pas non plus de démêler la matrice des attitudes et croyances autour des expressions trans dans ces sociétés. L’importance pour moi est la profondeur et l’étendue des preuves qui sous-tendent que la diversité de sexe et de genre a un caractère global et que les personnes trans furent vénérées, et non pas honnies. Sinon, comment une personne trans pourrait-elle être un chaman sacré ? Dans les sociétés communales où le respect ne pouvait pas être acheté, vendu ou volé, être un chaman, ou une personne-médecine, était une position d’honneur.

Alors comment et pourquoi, me demandais-je, l’attitude envers les personnes trans s’effondrait-elle si drastiquement ?

 

1http://fr.wikipedia.org/wiki/Parti_du_monde_des_travailleurs

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