Chapitre 4

Ils l’appelaient « hommasse »

« Jeanne d’Arc ne portait-elle pas

des habits d’homme? » demandais-je à une amie autour d’un café en 1975. Elle était diplômée en histoire alors que j’avais peiné à traverser le lycée. J’attendais sa réponse avec beaucoup d’excitation, mais elle balaya ma question d’un geste de la main. « C’était juste une armure. » Elle semblait si sûre, mais je ne pouvais pas laisser tomber ma question. Jeanne d’Arc était la seule personne associée au travestissement à travers l’histoire dont j’avais entendu parler en grandissant.

Jeanne d'Arc par Jean de Caumont
Jeanne d’Arc a été revendiquée comme symbole par tous, des pères de l’Église qui l’ont canonisée à la droite nationaliste française. Fréquemment, Jeanne d’Arc est représentée dans l’art comme une femme très féminine. Étant donné les charge de transgenderisme qui ont conduit à son meurtre, il est plus probable que Jeanne ait ressemblé à cette représentation dans une peinture du dix-septième siècle, attribuée à Jean de Caumont.

J’ai beaucoup réfléchi à la réponse de mon amie. L’histoire de Jeanne d’Arc s’habillant en homme n’était elle qu’une légende ? Porter une armure était il important ? Si une société ordonne strictement que seuls les hommes peuvent être des guerriers, une femme chef militaire habillée en armure n’est-elle pas un exemple d’expression de travestissement ?

Tout ce que je savais de la période féodale au cours de laquelle avait vécu Jeanne d’Arc, c’était que des seigneurs possédaient de grandes étendues de terres et vivaient du travail agricole forcé des paysans. Mais je pris la décision d’étudier la vie de Jeanne d’Arc, et son histoire m’ouvrit une autre fenêtre importante sur l’histoire des trans.

A l’école, nous n’avions que rapidement survolé les faits marquants de la vie de Jeanne d’Arc. Je n’avais donc pas réalisé qu’en 1431, alors qu’elle avait 19 ans, Jeanne d’Arc fut brûlée vive par l’Église Catholique parce qu’elle avait refusé d’arrêter de s’habiller avec des vêtements traditionnellement réservés aux hommes. Et personne ne m’avait jamais enseigné que les paysans qui la suivaient considéraient Jeanne d’Arc – et ses vêtements – sacrés.

J’ai découvert que plus de 10 000 livres avaient été écris sur la vie extraordinaire de Jeanne d’Arc. Elle était une fille analphabète de la classe paysanne qui, adolescente, fit preuve de brillantes qualités de stratège militaire qui aidèrent la nation française. Néanmoins, ce qui m’impressionna le plus, fut son courage pour défendre son droit d’expression. Pourtant, j’étais frustré/e que tant de textes analysent Jeanne d’Arc uniquement sur le plan individuel, retirée des dynamiques d’un lieu et d’un temps tumultueux. Je m’attachais particulièrement à comprendre le terreau social dans lequel cette personne remarquable prenait ses racines.

Jeanne d’Arc est née à Domrémy, en Lorraine, vers 1412. A peine un demi siècle auparavant, la peste bubonique avait fragilisé l’ordre féodal. Un tiers de la population européenne avait été anéantie, des provinces entières avaient été dépeuplées. Les révoltes paysannes faisaient trembler les fondations du féodalisme européen.

Une vierge de la tribu Klementi
Une vierge (personnage au centre) de la tribu Klementi en Albanie, autour de 1910. Les filles n’avaient pas leur mot à dire sur quand et avec qui elles allaient se marier. Mais si une vierge jurait devant douze témoins qu’elle ne se marierait jamais, cette personne était alors reconnue comme un homme, portait des vêtements d’homme, portait des armes, mangeait avec les autres hommes et travaillait comme gardien de troupeaux des moutons et des chèvres.

A cette époque, la France était aux prises avec la guerre de cent ans. Les paysans français souffraient des pillages et violences des armées d’occupation anglaises. Le plus important pour les paysans était de chasser l’armée anglaise, une tache que la noblesse française n’avait pas su accomplir.

Jeanne d’Arc apparut comme chef à cette période d’importants tremblements sociaux. En 1429, habillée en homme, la jeune fille de 17 ans se présenta sûre d’elle-même avec un groupe de sympathisants à la cour du prince Charles, héritier du trône de France. Dans le contexte du régime féodale, dans lequel la religion permettait tout, Jeanne assura que sa mission, sa motivation et sa tenue vestimentaire lui étaient dictées par Dieu. Elle déclara son but : lever une armée de paysans pour pousser les anglais hors de France. Le Prince Charles la plaça à la tête d’une armée de dix mille paysans.

Le reste est une histoire qui a été racontée encore et encore dans les textes et dans les films. Incapable de lire ou d’écrire, Jeanne d’Arc dicta une lettre au Roi d’Angleterre et au Duc de Bedford, chef de l’armée d’occupation anglaise à Orléans, pour leur demander de quitter le sol français, ajoutant « si vous n’en faites pas ainsi, vous vous en souviendrez à cause de vos grandes souffrances ».

« et se ainsi ne le faictes, de vos bien grans dommages vous souviengne briefment. »

Le 28 avril 1429, Jeanne marcha sur Orléans. Le jour suivant, elle entrait dans la ville à la tête de son armée de paysans. Au 8 mai, les anglais étaient en déroute. Dans les mois qui suivirent, elle prouva ses compétences de stratège militaire et sa capacité à motiver les soldats de la troupe en libérant d’autres villages et villes et en forçant les anglais à la retraite.

Catalina de Erauso
Catalina de Erauso était Basque, se travestit et voyagea en Amérique du Sud au début des années 1600 comme conquistador. Il/elle et d’autres soldats massacrèrent de nombreux Amérindiens. Alors que l’Église et la classe dirigeante française avait vu Jeanne d’Arc et son expression transgenre comme une menace, Erauso, qui combattit pour le colonialisme, gagna la bénédiction du Pape pour continuer à se travestir.

Jeanne persuada Charles de se rendre à Reims pour être couronné. C’était un parcours ardu – long et périlleux – à travers un territoire toujours occupé par les troupes anglaises. Alors que son armée était épuisée et affamée sur le chemin, elle força les anglais à abandonner encore plus de territoire. Quand Charles fut couronné Roi de France, Jeanne se tint derrière lui, portant sa bannière de combat. L’État-nation de France, bientôt entièrement libéré de l’occupation, était né.

Le 23 mai 1430, Jeanne fut capturée par les Bourguignons alliés français des seigneurs féodaux anglais. Les Bourguignons l’appelaient «hommasse », une injure signifiant homme-femme ou femme masculine. Si elle avait été chevalier ou noble, le roi Charles aurait offert une rançon contre sa liberté, puisque les rançons étaient une méthode habituelle pour libérer les chevaliers et les nobles capturés sur le champs de bataille. Même les sommes étaient fixées – on pouvait demander une rançon de 10 000 livres d’or ou 61 125 francs pour un prince royal. Lorsqu’une rançon était offerte, elle devait être acceptée. Mais la position de Jeanne comme chef militaire d’un mouvement populaire paysan menaçait la classe dirigeante française qu’elle avait aidée à atteindre le pouvoir. La noblesse française n’offrit pas un franc pour sa libération. Quelle trahison arrogante. C’est dire comme ils devaient être anxieux de se débarrasser d’elle.

Liberté (Angélique Brulon)
Liberté (Angélique Brulon) était un officier décoré de l’infanterie de Napoléon, qui servit pendant 7 campagnes entre 1792 et 1799 qui libérèrent une grande partie de l’Europe du féodalisme.Liberté rejoignit le régiment de son mari après qu’il fut tué à la guerre. Liberté fit son « coming out » pendant la guerre et devint un/e héros/héroïne auprès des femmes françaises qui voulait remplacer Jeanne d’Arc, pour avoir été si loyal/e à la noblesse.

Les anglais demandèrent à l’Église catholique de condamner Jeanne pour travestissement. Le roi d’Angleterre, Henry VI, écrivit au célèbre Inquisiteur Pierre Cauchon, l’Évêque de Beauvais : « Il est suffisamment notoire et connu que depuis un certain temps, une femme se faisant appeler Jeanne la Pucelle, délaissant la robe et la tenue du sexe féminin, une chose contraire à la loi divine et abominable devant Dieu, et interdite par toutes les lois, revêts les vêtements et l’armure comme ils sont revêtus par les hommes. » Enfoui derrière cet outrage contre le travestissement de Jeanne, se cachait un important biais de classe. C’était un affront à la noblesse qu’un paysan puisse porter une armure et chevaucher un fin coursier. Cette offense fut plus tard élaborée dans l’une des charges contre Jeanne, l’accusant de s’habiller « avec des habits riches et somptueux, des parures précieuses, et des vêtements d’or et de fourrure. »

Les Bourguignons vendirent Jeanne aux anglais, qui la remirent à l’Inquisition en Novembre 1430. Jeanne fut enfermée dans une prison civile à Rouen en France, à l’époque une place forte anglaise. Il est rapporté qu’elle fut gardée par des hommes soldats anglais qui dormaient dans sa cellule, en violation des règles de l’Église. Elle fut enfermée dans une petite cage en fer « dans laquelle elle était maintenue debout, enchaînée au cou, aux mains et aux pieds, », d’après le serrurier qui construisit la cage.

Le jugement de Jeanne commença à Rouen le 9 janvier 1431. Le Grand Inquisiteur condamna Jeanne pour travestissement et l’accusa d’avoir été élevée en païenne. Les chefs de l’Église avaient depuis longtemps accusé sa région de naissance, la Lorraine, d’être un foyer de paganisme et de sorcellerie. Une des accusations principales contre Jeanne était de s’être associée avec des « fées », une charge portée par l’Église dans leur guerre contre le paganisme. (Qui d’ailleurs dérive du latin paganus, qui signifie habitant rural ou paysan.) L’Église était en guerre contre les paysans qui résistaient la théologie patriarcale et conservaient certaines traditions matrilinéaires et anciennes croyances religieuses pré-chrétiennes. Cela était vrai des paysans en Lorraine, même du temps de Jeanne d’Arc. Par exemple, la coutume de donner aux enfants le nom de la mère et non pas celui du père y survivait toujours.

Nzinga, Roi d'Angola
Bien que ce portrait de Nzinga, Roi d’Angola de 1624 à 1653, soit assez idéalisé, elle dirigea en roi, travestie, et mis en échec l’armée portugaise dans de nombreuses batailles.

Faire de Jeanne d’Arc et de son lieu de naissance des boucs émissaires alimentèrent la campagne réactionnaire de l’Église. Et plus Jeanne d’Arc était idolâtrée par ses partisans, plus elle devenait une menace pour la règle religieuse de l’Église. L’article III des Articles d’Accusations, le présente clairement : « Item, la dite Jeanne par ses inventions a séduit le peuple Catholique, beaucoup en sa présence l’adorent comme une sainte… Plus encore, ils l’ont déclaré la plus  grande de toutes les saintes après la Vierge Marie… ». Pas étonnant que les pères de l’Église la craignit !

Le 2 avril 1431, l’Inquisition laissa tomber les charges de sorcellerie contre Jeanne, parce qu’elles étaient trop difficiles à prouver. Au lieu de ça, ils la dénoncèrent pour avoir affirmé que son travestissement était un devoir  religieux, imposé par les voix qu’elle entendait dans des visions, et pour avoir maintenu que ces voix avaient plus d’autorité que l’Église.

Beaucoup d’historiens et d’académiciens voient que le fait que Jeanne d’Arc ait vêtu des habits d’hommes comme sans importance. Pourtant, le cœur des charges contre Jeanne se concentrait sur son travestissement, le crime pour lequel elle fut en fin de compte exécutée. Néanmoins, la citation suivante du verbatim judiciaire de la procédure de son interrogation révèle que ce n’était pas juste le travestissement de Jeanne d’Arc qui enrageait ses juges, mais son expression transgenre dans son ensemble.

Item, tu as dit que, du commandement de Dieu et de son bon plaisir, tu portas et portes continuellement l’habit d’homme ; car tu avais commandement de par Dieu de porter cet habit ; et ainsi tu pris robe courte, pourpoint, chausses attachées avec de nombreuses aiguillettes ; tu portes aussi les cheveux courts, taillés en rond au-dessus des oreilles, ne laissant rien sur toi qui montrât et accusât le sexe féminin, excepté ce signe, présent de la nature. Et souvent tu as reçu en cet habit le corps de Notre Seigneur ; et bien que plusieurs fois tu aies été admonestée de le rejeter, jamais tu ne le voulus faire, disant que tu aimerais mieux mourir que de délaisser cet habit, à moins que ce fût du commandement de Dieu : et que si tu étais encore en cet habit, avec les autres de ton parti, ce serait un des grands biens du royaume de France. Et tu as dit que pour rien au monde tu ne ferais serment de ne point porter cet habit et les armes ; et, en tout cela, tu dis avoir bien fait, et du commandement de Dieu.

Quant à ce point, les clercs disent que tu blasphèmes Dieu et le méprises dans  ses sacrements ; tu transgresses la loi divine, les saintes Écritures, les sanctions canoniques ; tu penses mal et erres en la foi ; tu te vantes vainement et te rends suspecte d’idolâtrie, d’exécration de toi-même et de tes vêtements, et tu imites la coutume des gentils.

Même si elle savait que son acte de défi signifiait être considérée damnée, le témoignage de Jeanne en sa propre défense révéla à quel point son travestissement était ancré dans son identité. « Pour rien au monde » déclara-t-elle, « je ne ferai le serment de ne pas me faire du mal et de ne pas porter des vêtements d’homme. »

Mais le 24 avril 1431, les juges de Jeanne affirmèrent qu’elle s’était rétractée, après avoir été emmenée à la chambre de torture, et emmenée à un cimetière où on lui avait montré un échafaud dont ses bourreaux lui dirent qu’il l’attendait si elle ne se repentait pas. Jeanne s’accusa prétendument de porter des vêtements qui enfreignaient la décence naturelle, et accepta de se soumettre à l’autorité de l’Église et de porter un habillement de femmes. Elle fut « miséricordieusement » condamnée à la prison à vie au pain et à l’eau – en robe de femme.

Néanmoins, puisque Jeanne ne savait ni lire ni écrire, connaissait-elle les détails exacts de ce qu’elle signait ? C’est une question importante, parce que le travestissement n’était pas une offense capitale en ce temps. Et l’Inquisition n’avait pas le pouvoir de renvoyer un hérétique à l’État laïc pour une exécution. Mais les juges de l’Église avaient le pouvoir de condamner un hérétique récidiviste.

Révolutionnaire afro-mexicain/e du Michoacàn
Révolutionnaire afro-mexicain/e du Michoacàn, un/e des nombreux/ses guerrier/es et révolutionnaires travesti/es qui ont aidé à faire l’histoire. Un autre exemple était Chui Chin, révolutionnaire chinoise, féministe travestie qui fut torturée et décapitée en 1907 pour ses effort d’organisation d’un soulèvement contre la dynastie Mandchoue. Elle fonda un journal militant à Shanghai appelé Le Journal des Femmes de Chine, organisa une armée et aida à planifier une insurrection.

Pierre Cauchon, l’Inquisiteur, a-t-il piégé Jeanne pour qu’elle appose sa signature sur un document qui renonçait à plus que ce qu’elle réalisait ? Peut-être Cauchon révéla plus tard le contenu exact de la fausse confession dans l’espoir qu’elle renonce. Ou les parchemins furent-ils échangés ? Des témoins décrivirent Jeanne apposant sa signature sur une déclaration courte ; la confession dans les archives juridiques est très longue.

En tout cas, Jeanne désavoua la prétendue abjuration dans les jours qui suivirent et se remit à porter des vêtements d’hommes. Ses juges lui demandèrent pourquoi elle avait fait cela, alors que revêtir des habits masculins signifiait une mort certaine. D’après les archives juridiques, elle dit l’avoir fait « de sa propre volonté. Et que personne ne l’avait obligé à le faire. Et qu’elle préférait les habits d’homme à ceux de femme. » Jeanne dit aux juges qu’elle « n’avait jamais eut l’intention de prêter le serment de ne plus jamais porter de vêtement d’homme. » L’Inquisition la condamna à mort pour avoir repris l’habit masculin, disant « ainsi le chien qui revient à son vomi, toi, Jeanne, tu es revenue à tes erreurs et tes crimes… »

Jeanne d’Arc fut brûlée vive sur le bûcher le 30 mai 1431 à Rouen. Elle avait dix-neuf ans. L’étendue de la haine de ses ennemis envers sont expression transgenre fut démontrée à son exécution, quand ils éteignirent les flammes pour prouver qu’elle était une « vraie » femme. Après que ses habits aient été brûlés, et que Jeanne fût présumée morte, un observateur écrivit, « Alors le feu fut éteint et elle fut exposée à tout le peuple toute nue, et tous les secrets qui doivent être en femme, pour ôter les doutes du peuple. »

« et là fut bientost estainte et sa robbe toute arse, et puis le feu tiré ariere, et fut veue de tout le peuple toute nue et tous les secrez qui pevent estre ou doyvent [estre] en femme, pour oster les doubtes du peuple. »

Jeanne d’Arc souffrit la douleur atroce d’être brûlée vive plutôt que de renoncer à son identité. Je connais le genre de haine cinglante qui a conduit à son meurtre – j’y ai fait face. Mais j’aurais aimé connaître la vérité sur sa vie et sur son courage quand j’étais un/e jeune trans  apeuré/e et confus/e. Quel modèle inspirant – un brillant adolescent paysan transgenre, conduisant une armée de travailleurs à la bataille.

Franklin Thompson
Franklin Thompson (Sarah Emma Edmonds) se battit pour l’armée de l’Union durant la Guerre Civile. Plus de 400 soldats hommes de la Guerre Civile furent découverts être nés femmes. Beaucoup d’entre eux se bâtirent pour la confédération pro-esclavage; être juste transgenre ne rend pas automatiquement les personnes progressives. Comme le demandait la vieille chanson du syndicat, c’est une question de « De quel côté es-tu? »

Mais un aspect des informations que j’avais rassemblées me laissait perplexe. Pourquoi la classe dirigeante féodale et l’Église abhorraient elles son transgenderisme si violemment, alors que les paysans la considéraient si sacrée ? Il n’y a pas de doute sur à quel point Jeanne d’Arc était honorée par la paysannerie. Même l’Église admit que les paysans la considéraient comme une des plus grandes saintes après la Sainte Vierge.

Il est aussi clair que le travestissement de Jeanne d’Arc était central à cette vénération. L’historien gay Arthur Evans nota qu’avant que Jeanne ne soit capturée par les Bourguignons : « Dès qu’elle apparaissait en public, elle était adorée comme une divinité par les paysans… Les paysans croyaient qu’elle avaient le pouvoir de soigner, et beaucoup s’amassaient autour d’elle pour toucher une partie de son corps ou de ses vêtements (qui étaient des vêtements d’hommes). Par la suite, son armure était exposée à l’Église de Saint Denis, où elle était adorée. »

D’après le Professeur Margaret A. Murray, « L’énorme importance concernant le revêtement du costume masculin est mis en avant par le fait que, dès qu’il fut connut à Rouen que Jeanne était à nouveau habillée en homme, les habitants firent foule dans la cour du château pour la voir, à la grande indignation des soldats anglais qui les conduisirent promptement à la porte avec de durs mots et des menaces de durs coups. »

Je ne pouvais pas encore répondre à pourquoi les paysans vénéraient le travestissement de Jeanne d’Arc. Mais je me souvins d’un indice enfoui dans la condamnation de Jeanne par ses juges. Que signifiaient-ils quand ils accusèrent son travestissement « d’imiter la coutume des gentils » ? Quelle coutume ? Y avait-il d’autres exemples de travestissement parmi la paysannerie ? Les paysans considéraient-ils le transgenderisme en soi comme sacré ? Et si oui, pourquoi ?

Je n’avais aucune idée d’où trouver des réponses à ces questions.

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2 commentaires sur “Chapitre 4

  1. ce que j’ai appris des raisons de l’intervention de Jeanne d’Arc et de son procès (désolée, je suis incapable de citer mes sources, je rapporte de mémoire une émission radio) :
    le roi de France était fou. Le roi d’Angleterre contestait le trône de France au prétexte qu’il descendait de la lignée royale par les femmes, ce qui était accepté par la loi Anglaise.
    Jeanne d’Arc est intervenue pour indiquer qu’elle agissait au nom du divin, car le roi régnait de droit divin. Elle voulait amener le roi au sacre pour empêcher toute contestation. Toute l’intervention des Anglais consistait à essayer de démonter l’idée que Jeanne d’Arc pouvait être une envoyée du ciel, d’où les tentatives d’accusation de sorcellerie, qui n’ont pas fonctionné.
    Apparemment (je l’apprends ici) ils ont trouvé un autre argument avec ses tenues vestimentaires.

    Il semble que Jeanne d’Arc n’ait pas pu être une simple bergère : conduire un cheval de bataille dans une bataille demandait un apprentissage long et difficile réservé à une élite. Par exemple les chevaliers ne menaient leurs chevaux qu’avec les pieds, réservant les mains à la manipulation des armes. Cela pourrait aller dans le sens d’une autre thèse trouvée sur wikipedia qui voudrait que Jeanne d’Arc ait été un homme (au sens physique du terme). Peut être une MtF ?

  2. C’est quoi le rapport avec le fait que le roi de france ait été fou ou non ? Osef, non ?
    Conduire un cheval de bataille c’est pas si difficile… Je sais de quoi je parle, j’ai fait plusieurs années d’équitation et je sais monter dans des conditions de stress (pour le cheval) en ne dirigeant qu’avec les pieds, ça prend genre deux ans à raison d’une fois par semaine, donc si on s’y met tous les jours je dirais quelques mois max.
    De plus iel a très bien pu apprendre en montant le cheval ou l’âne ou au pire le bœuf (le plus dur c’est de tenir en selle donc ça marche avec n’importe quel animal) de labour de ses parents, ou apprendre rapidement sur le tas, voire même avoir bossé dans l’écurie du seigneur du coin ou chez un marchand de chevaux ou n’importe (en plus c’était super rare d’être nommé·e chevalier sans avoir un minimum bossé comme écuyer)… Pas besoin d’être assigné·e homme à la naissance pour apprendre à monter à cheval, surtout dans une société dans laquelle les chevaux ont un rôle aussi important…

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